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Un Champion pour les Champions

Le 12 juin dernier, les joueurs des Blues de St-Louis, la pire équipe de la LNH six mois auparavant, ont quitté la patinoire du TD Garden de Boston avec leurs familles, amis et un trophée de 35 livres qui représente possiblement un des plus beaux exploits dans le monde sportif.

Après être passés des bas-fonds du classement à champions de la Coupe Stanley, dans le plus court laps de temps jamais vu, les Blues peuvent certainement se vanter de connaître une chose ou deux de ce qui est requis pour se remettre dans le droit chemin et progresser.

Il s’agissait alors d’une symétrie presque parfaite lorsque dix jours plus tard, au Repêchage LNH, l’organisation a annoncée au micro qu’elle utiliserait le dernier choix de la troisième ronde pour sélectionner un joueur qui s’était attiré les regards du monde du hockey pour sa capacité à progresser dans des circonstances difficiles.

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Colten Ellis a grandi dans la communauté de Whycocomagh, Nouvelle-Écosse (population : 854). Située aux abords du Lac Bras d’Or sur l’île pittoresque du Cap-Breton, c’est à cet endroit qu’Ellis a gravi les échelons du hockey local en tant que gardien de but exceptionnel. Son ascension était constante ; plus il stoppait de rondelles, plus il faisait tourner des têtes.

Ellis a été un joueur étoile, un champion ou les deux à tous les niveaux, que ce soit dans le bantam avec les Nova Jr. X-Men, dans le midget avec les West Islanders du Cap-Breton qu’il a mené à une conquête de la Coupe Telus, la première équipe des Maritimes à recevoir cet honneur, ou avec l’Océanic de Rimouski, avec qui il a été nommé la Recrue défensive de l’année en 2018. Avant même que le jeune homme de 18 ans ait été introduit à la LNH en tant que sélection des Blues, il avait obtenu plus d’expérience dans son sport avant d’atteindre l’âge légal que plusieurs en ont dans toute leur carrière.

Lorsqu’interrogé sur sa plus récente accolade, la première chose qu’Ellis mentionne est où tout a commencé.

« Tout enfant rêve d’être repêché et d’éventuellement jouer dans la LNH », dit-il. « Le sentiment était plutôt surréel en fait. D’entendre ton nom se faire prononcer et d’avoir tout le soutien de ta famille et de ta communauté est dur à mettre en mots. »

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Rendu ici, vous commencez probablement à vous demander la corrélation qui existe entre les Blues et Ellis lorsque vient le temps de parler de progression. À première vue, le jeune Colten semble avoir connu une charmante carrière jusqu’ici.

Mais comme c’est souvent le cas, l’histoire est un peu plus complexe qu’elle en a l’air.

Au printemps de 2016, Ellis était très en demande. Devenir un des premiers choix du Repêchage LHJMQ au mois de juin semblait être un fait accompli. Même si ses statistiques étaient, selon lui, sous la normale (moyenne de but alloués de 3.70 et pourcentage d’arrêts de .890% en saison, ainsi que 5.84 et .810% en deux matchs de séries), ces résultats pouvaient facilement être attribués au fait qu’un jeune de 15 ans venait d’entamer sa carrière midget en évoluant à la position la plus exigeante d’une équipe qui figurait parmi les pires de sa ligue.

Mais le gardien est le premier à le dire, c’est chiffres ne racontent qu’une part de l’histoire.

« J’ai laissé la pression se rendre à moi à mon année de Repêchage LHJMQ », explique Ellis, lui qui a éventuellement été sélectionné au quatrième tour. « Ça a nui à mes performances. À mon année de Repêchage LNH, j’ai donc changé mon approche après avoir appris de cette expérience-là. »

Mais changer son approche est toujours plus facile à dire qu’à faire. Les Blues l’ont fait en remerciant Mike Yeo et en nommant Craig Berube comme entraineur-chef. Ellis aussi y est allé d’un changement de personnel.

« Je dois donner crédit au psychologue sportif Chris DeWolfe, il m’a vraiment aidé après que j’aie été repêché dans la LHJMQ », souligne-t-il. « La chose principale pour moi était de me concentrer sur mes matchs et sur ce que je pouvais contrôler. C’est Chris qui m’a montré comment y arriver. »

Passer du temps avec DeWolfe a non seulement aidé Ellis à garder le focus dans une période de sa vie remplie de distractions, mais lui a aussi offert une toute nouvelle perspective; une qui a déjà su impressionner l’équipe de la LNH qui lui a récemment ouvert ses portes.

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L’entraîneur du développement des gardiens de but des Blues, Dave Rogalski, pourrait passer une journée entière à complimenter le dernier cerbère déniché par son organisation.

« Il fait les arrêts au bon moment », dit Rogalski. « Quand il est vraiment dans la zone, son niveau de compétition est élevé et son sens du hockey est évident. Son maniement de la rondelle est excellent. C’est un jeune professionnel. C’est juste un très bon joueur, très poli et qui absorbe tous les détails comme une éponge. Quand il fera le saut chez les professionnels, il saura comment se comporter. Dans le vestiaire, il est très relaxe. C’est un gars comme les autres. »

Encore une fois, ça ne s’arrête pas là. Plusieurs joueurs sont compétitifs, et ce, à tous les niveaux. Ils saisissent les principes de base de leur position avec beaucoup de succès. Ils sont bons dans le vestiaire. Mais il y a toujours quelque chose que possèdent les joueurs vraiment exceptionnels. De quoi peut-il s’agir pour Colten Ellis?

Encore une question facile pour Rogalski.

« Ce que nous avons vraiment aimé de lui c’est que lorsqu’il connaît des performances ordinaires, il est capable de rapidement se regrouper, de faire les gros arrêts et de trouver une façon de gagner », conclut-il.

Rogalski sait de quoi il parle. Au début du mois de février, il en a eu la preuve alors qu’il assistait à un affrontement d’Ellis contre un rival de division de l’Océanic.

« Je l’ai vu jouer l’hiver dernier contre Chicoutimi », se souvient-il. « Il a joué une partie correcte au cours des deux premières périodes. Ce n’est pas qu’il jouait mal, c’est que les choses ne se déroulaient pas aussi bien qu’il aurait voulu. Il est revenu en troisième période et il était fantastique. Il a démontré beaucoup de résilience et a aidé son équipe à remporter le match. »

« Je lui ai parlé de cette rencontre le lendemain », poursuit Rogalski. « Il est tellement un bon communicateur et, pour moi, c’est très important. Il est capable de revenir en détails sur tous les buts marqués contre lui, mais il ne se laisse pas affecter par tout ça. Il se contente du fait que son équipe ait obtenue une victoire et il passe à autre chose. »

« Il est capable d’analyser ses propres performances mais ne tient pas son bâton plus serré pour autant. Il est tellement bon pour s’auto-éduquer. »

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Nonobstant l’auto-éducation, personne ne doit rappeler à Ellis que l’Océanic est à l’aube de ce qui pourrait être une saison mémorable. Avec une formation qui devrait se retrouver parmi les plus compétitives de la LHJMQ et un talent exceptionnel en son coéquipier Alexis Lafrenière, qui s’apprête à lui-même embarquer dans la campagne qui le mènera au Repêchage LNH, le vétéran qui en sera à sa troisième saison entre les poteaux aura besoin de tous ses apprentissages pour répondre aux attentes auxquelles lui et son équipe font face.

La fierté de Whycocomagh utilise toutes ses expériences passées, acquises au Cap-Breton, à Rimouski, à St-Louis et à plusieurs autres arrêts entre eux, pour le guider.

« Tu vas toujours te retrouver dans des situations remplies de pression », commente Ellis. « Il y aura beaucoup d’enthousiasme. J’entame ma saison de 19 ans donc je vais être un leader et nous devrions avoir une très bonne équipe. Je veux juste faire tout ce que je peux pour aider l’équipe à gagner et ne pas se laisser emporter par cet enthousiasme. En entamant la saison avec l’équipe qu’on a, je sens que je pourrai puiser dans mon expérience nationale acquise quand j’étais midget. »

Ce n’est pas surprenant que les Blues étaient aussi intéressés à amener un gars comme ça dans leur organisation. Après tout, ça prend un champion pour reconnaître un champion.

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