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Moment Communautaire | Blagden essaye de gagner chaque journée

 

« J’ai traversé une période très sombre pendant que j’étais au secondaire durant laquelle je ne voulais plus être sur terre. J’avais des pensées suicidaires. Je me souviens de me coucher le soir en espérant ne jamais me réveiller le lendemain matin. Pendant la journée, je comptais les heures jusqu’au soir. J’avais beaucoup de pensées sombres dans ma tête et je ne voulais plus être ici. Plusieurs fois, j’ai voulu en finir. Et il y a des fois où j’ai presque passé à l’acte. J’aurais pu me suicider, mais mon histoire et ma vie se poursuivent. »

Nicholas Blagden a passé bien près de s’enlever la vie à plusieurs reprises. Mais il ne l’a jamais fait.

Depuis le mois d’août 2022, il donne des conférences à travers le Canada à propos de l’importance de la santé mentale chez les jeunes. Parce qu’il le sait, il est l’un des chanceux.

« Je veux partager mon histoire avec les jeunes adultes, les joueurs de hockey et les jeunes dans les écoles. Je me considère juste chanceux d’être un de ceux ayant réussi à passer à travers », raconte l’attaquant des Sea Dogs de Saint John.

Blagden a reçu un diagnostic d’anxiété et de dépression, en plus de troubles obsessifs compulsifs au mois de décembre de 2020.

« J’ai eu de la difficulté à gérer tout ça pendant quatre ans avant que je ne me décide à en parler à quelqu’un. Ce fut très long, et j’ai vécu plein de moments avec des pensées sombres. »

Les choses étaient vraiment hors de contrôle à l’époque où il évoluait avec l’Armada de Blainville-Boisbriand.

« J’allais me coucher le soir, alors que nous avions une partie le lendemain, et je ne réussissais qu’à dormir une heure. C’était vraiment difficile. Il fallait que j’en parle à quelqu’un. J’en avais assez d’avoir des pensées sombres dans ma tête tout le temps et de ne plus être capable de dormir. »

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« Dans ma tête, je croyais que tout le monde se sentait comme ça. Mais au fond de moi, je savais très bien que j’étais le seul. Je me souviens qu’un de mes neveux était sur le point de naître et qu’un autre venait de célébrer sa fête, et le fait d’être loin de ma famille était vraiment difficile. Il fallait que j’en parle à quelqu’un. Et j’ai été très chanceux de pouvoir parler à quelqu’un en qui j’avais confiance. »

Ses premiers pas vers la guérison sont arrivés le jour où il a trouvé le courage d’en parler au thérapeute du sport de l’Armada, Francis Denis.

« Je ne m’attendais à rien en retour. Quand j’ai été voir un médecin, le diagnostic m’a surpris. Mais je savais que je voulais m’en sortir. Et quand ce fut enfin le cas, je savais que je voulais devenir un porte-parole pour la cause et partager mon histoire. »

C’est exactement ce qu’il a fait en septembre dernier, alors qu’il évoluait avec les Wildcats de Moncton.

« Je voulais être cette lueur d’espoir pour les jeunes et leur dire qu’on peut s’en sortir. Je veux leur dire qu’ils n’ont pas à avoir honte. Que c’est correct de ne pas être correct. Ils ont seulement besoin d’une personne en qui ils ont confiance pour leur raconter leur histoire. »

La première expérience comme conférencier de Blagden a eu lieu virtuellement sur la plateforme Zoom, avec une école située en Alberta.

« J’ai été nerveux toute la semaine puisque je n’avais jamais parlé devant un groupe de personnes avant. J’ai pratiqué mon discours phrase par phrase », lance le joueur de 19 ans en riant.

Sa première conférence en personne a eu lieu à l’école secondaire Mathieu-Martin de Dieppe, au Nouveau-Brunswick.

« J’étais nerveux. Mais j’étais là pour raconter mon histoire, je me disais donc que c’était quelque chose qui devrait être facile à faire. Et je tenais vraiment à le faire, sachant que je pourrais peut-être sauver une seule personne. Juste ça en valait vraiment la peine », souligne Blagden.

« C’est maintenant devenu ma thérapie de donner ces conférences. Je me sens tellement bien à l’idée de donner de l’espoir à des jeunes. »

Les réactions ont été plus que positives précise l’ailier droit. Surtout chez les enfants.

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« Les jeunes sont habituellement surpris. Jamais ils n’auraient pu s’imaginer qu’un gars qui joue dans la LHJMQ, qui donne l’impression d’être au sommet du monde, pouvait avoir des problèmes de santé mentale. »

Depuis ce temps, Bladgen a donné près d’une trentaine de conférences. Et il en est très fier.

« Ça représente beaucoup pour moi de pouvoir aider les jeunes. Je ne le fais pas pour la gloire ou pour être populaire, je le fais pour aider les gens. »

L’attaquant espère seulement que ses expériences en inspireront d’autres à suivre dans ses traces.

« Je termine toujours mes conférences avec une citation de mon ancien thérapeute Francis Denis. Essaye juste de gagner ta journée », dit Blagden. « Quand vous rentrez à la maison, demandez-vous : est-ce que j’ai gagné ma journée? Si la réponse est non, c’est correct. Ça va juste vous donner la motivation pour essayer de gagner la journée suivante. »

Bien que la santé mentale représente toujours un combat quotidien pour Blagden, il est maintenant équipé pour l’affronter.

« Je sais que j’aurai toujours des pensées sombres dans ma tête, mais j’ai appris à les minimiser. Je ne suis pas guéri à 100% de mes problèmes de santé mentale, mais je peux définitivement me tenir devant un groupe et leur dire que les choses vont s’améliorer! »

 

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