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Jouer pour aujourd’hui, à la « façon des Huskies »

« Je ne veux pas parler de moi, je veux parler de mes joueurs. »

C’est ce que l’entraîneur qui a remporté le plus de victoires dans la LCH en 2018-2019 avait à dire avant que j’appuie sur le bouton de mon enregistreuse alors que nous étions sous les estrades par un (rare) après-midi ensoleillé à Halifax. Cependant, quand vous avez récolté les honneurs comme l’a fait l’entraîneur-chef et directeur général des Huskies de Rouyn-Noranda Mario Pouliot au cours des deux dernières années, il est difficile de ne pas parler de soi-même.

À cette fin, reparlons des 20 derniers mois dans la vie de l’homme de hockey de 55 ans originaire de Saint-Hyacinthe. Il a accumulé 102 victoires en saison régulière, notamment 25 gains consécutifs pour égaler un record de la LCH plus tôt cette année avec les Huskies. Ses 59 victoires en 2018-2019 ont établi une nouvelle marque dans la LHJMQ à ce chapitre. Deux titres consécutifs de la Coupe du Président, le premier avec le Titan d’Acadie-Bathurst, puis avec les Huskies ici-même à Halifax il y a moins de deux semaines. Un championnat de la Coupe Memorial à l’occasion de la 100e édition de ce tournoi à Regina en Saskatchewan. Le titre d’entraîneur de l’année dans la LHJMQ. Le titre de DG de l’année à sa première saison dans ce rôle. Tout cela sans mentionner les innombrables autres matchs et moments qui forment des morceaux du casse-tête qui complète déjà un des plus grands séjours derrière un banc de l’histoire de la ligue.

Comment avoir un point de vue différent devant une telle vague de réalisations dans une période aussi courte? Parlez avec Mario Pouliot pendant cinq minutes et vous réaliserez que pour lui, avoir de la perspective est une seconde nature.

« Honnêtement, je me considère vraiment comme quelqu’un de privilégié d’avoir pu diriger deux très bons groupes de jeunes qui ont fait une tonne de sacrifices pour leur club, » explique Pouliot. « C’est un énorme effort de tous, d’un bout à l’autre de l’organisation. Les saisons sont vraiment longues. C’est toujours une grande récompense de jouer à la mi-mai et de se battre pour remporter la Coupe Memorial. Nous ne savons pas quand cela peut se reproduire alors il faut en profiter. Je suis très heureux de ce que nous avons bâti à Bathurst et ici à Rouyn-Noranda. »

Un coup de vent au cours de la saison morte a vu Pouliot passer du club qu’il a mené au titre national à Bathurst, vers un lieu qui lui est familier. En effet, les liens qui l’unissent à l’organisation des Huskies sont nombreux. C’est le troisième passage de Pouliot en Abitibi après qu’il ait été entraîneur adjoint de la formation de 2009 à 2011, puis en 2013-2014. Son fils Raphaël a aussi passé deux saisons comme dépisteur chez les Huskies, avant de quitter récemment afin d’aller occuper les mêmes fonctions chez les Golden Knights de Vegas.

Même si le changement s’est produit rapidement pour Pouliot, il ne pouvait pas atterrir en terrain plus familier.

« Mon fils a repêché les trois quarts de la formation des Huskies avec l’équipe de dépisteurs, alors j’avais une bonne idée du groupe de joueurs que j’aurais la chance de diriger et avec qui je travaillerais, » dit-il. « C’était plus facile pour moi quand je suis arrivé (d’accepter le double rôle de DG et d’entraîneur). J’étais ici il y a trois ans et demi. Je savais à l’époque ce que les Huskies signifiaient pour la ville et je connaissais leur façon de jouer au hockey. J’ai simplement pris le temps d’analyser le comportement des joueurs, j’ai jeté un coup d’œil à nos forces et où nous devions nous améliorer, et à la façon dont nous voulions jouer. »

Pour gagner 75 matchs en saison régulière et en séries éliminatoires, la personne derrière le banc devait saisir clairement la vision de l’équipe dès le premier jour. Pouliot avait justement cet as dans sa manche.

« Le plus grand ajustement que j’ai apporté a été notre façon de jouer à l’attaque en possession de la rondelle, » explique-t-il. « Jouer du hockey rapide et offensif avec de la vitesse, créer du temps de possession avec notre échec avant et pratiquer un style défensif hermétique. De là, je savais que j’avais besoin de joueurs avec un niveau de compétitivité élevé, de gars qui réfléchissent et jouent rapidement. »

Ce qui se perd souvent dans les louanges à l’endroit de cette édition des Huskies est le fait qu’ils ont entamé la saison avec Pouliot dans le rôle de directeur général recrue. De plus, ils ont renversé la tendance de plusieurs autres équipes dans l’histoire de la Ligue, notamment avec l’ancienne équipe de Pouliot à Bathurst, puisqu’ils n’ont pas visé la quantité à l’approche de la dernière date limite des transactions. Les Huskies avaient des objectifs spécifiques. L’équipe qui n’a perdu que huit matchs de saison régulière n’a acquis que trois joueurs.

« Il était clair pour nous que nous avions besoin d’un défenseur solide, » affirme Pouliot. (Nous avons acquis) Noah Dobson (d’Acadie-Bathurst) et il fait de l’excellent boulot avec nous sur la patinoire comme à l’extérieur, par son leadership. Nous cherchions aussi à ajouter de la profondeur à l’attaque et (l’ancien des Remparts de Québec) Louis-Filip Côté (que les Huskies ont) repêché à 16 ans est le type parfait pour jouer à la « façon des Huskies » avec une superbe personnalité, une excellente éthique de travail et un style de jeu multidimensionnel. (Joel) Teasdale (acquis de Blainville-Boisbriand) est très difficile à affronter. Notre plan au départ n’était pas de réaliser beaucoup de transactions. Ce qui était plus important pour nous était la qualité des gens que nous désirions acquérir. C’était notre plan et tout s’est bien passé. »

Revenez derrière et relisez ces dernières lignes. La « qualité » des gens qu’il désirait acquérir. Pas seulement la qualité de leur jeu, mais aussi la qualité de leur personnalité. Ce ne sont pas là une série de mots creux. C’est l’élaboration et la manifestation d’une vision.

Quelle est donc cette fameuse « façon de jouer des Huskies », présentée par le chef de la meute?

« Il faut posséder un niveau élevé de compétitivité, » explique Pouliot. « Chaque présence sur la glace compte. Il faut être affamé, jouer rapidement, utiliser sa vitesse et ne jamais abandonner. Si vous avez ce niveau de compétitivité, vous avez du caractère. Il faut beaucoup de hargne, de vitesse et ne jamais abandonner. »

Le mot revient et résonne aux oreilles de qui veut bien l’entendre : le « caractère ».

Malgré tout, on parle d’un homme qui a dirigé et bâti deux équipes en deux saisons qui ont atteint l’événement phare du hockey junior au pays. Il comptait certainement sur les bons joueurs. Il est vrai aussi qu’il a profité de personnel de soutien spectaculaire. Toutefois, quand on prend du recul et qu’on observe les deux équipes qui ont connu le plus de succès dans la LHJMQ depuis l’automne 2017, Mario Pouliot est leur dénominateur commun hors de la patinoire. C’est un fait évident et difficile à ignorer. Il est aussi difficile d’éviter la question de ses succès pour son avenir comme entraîneur. Est-ce qu’il passera dans les rangs professionnels? Est-ce que la LNH pourrait être une avenue pour lui? Il est compréhensible de vouloir regarder vers le futur pour tenter d’imaginer par où son parcours passera dans les saisons à venir.

À moins bien sûr d’être le gars dont tout le monde parle. Après tout, la façon de jouer des Huskies s’applique aussi à lui.

« Je dis toujours à nos joueurs que nous devons vivre le moment et rester ancrés dans le présent, » ajoute Pouliot. « Toute mon attention est tournée à être bien préparé pour le lendemain. Peu importe le reste. Je veux simplement profiter de chaque journée et m’améliorer jour après jour. Je m’arrête seulement sur les choses que je peux contrôler. »

Le résultat est simple. Peu importe où les succès de Mario Pouliot le porteront, ceux qui l’entoureront seront chanceux de pouvoir compter sur lui.

Encore une fois, voilà quelque chose dont il vaudra la peine de parler.

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