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Les conseillers pédagogiques, héros obscurs du succès des équipes

Tremplin par excellence pour les jeunes joueurs de hockey élite dans leur parcours sportif, la LHJMQ joue aussi chaque année un rôle important dans le cheminement scolaire et professionnel de plus d’une centaine d’athlètes-étudiants.

Au cœur de cette mission se trouvent plus d’une vingtaine de conseillers pédagogiques qui s’assurent de la réussite scolaire de chaque joueur retenu au sein des 18 formations du circuit.

Ceux qui auraient tendance à croire que les études ne sont pas prises au sérieux dans une ligue de hockey élite comme la LHJMQ connaissent mal la réalité au sein des équipes.

« Nos conseillers pédagogiques travaillent en équipe avec nos entraîneurs-chefs et directeurs généraux pour assurer le suivi du cheminement scolaire de nos joueurs », indique Natacha Lorens, directrice des programmes d’éducation, antidopage et d’aide aux joueurs de la LHJMQ.

La période de préparation dans laquelle on se trouve présentement est particulièrement affairée pour les conseillers pédagogiques, de Val-d’Or à Halifax et de Baie-Comeau à Sherbrooke.

« À ce temps-ci de l’année, nous accueillons d’abord 24 athlètes au camp des recrues, un nombre qui passera entre 35 et 40 joueurs pour notre camp d’entraînement régulier. On parle quotidiennement avec notre conseiller pédagogique à cette étape de la saison pour l’informer de tout mouvement de personnel », indique Marc-André Dumont, directeur général des Screaming Eagles du Cap-Breton.

« On l’avise de chaque transaction et de chaque assignation dans les rangs midget jusqu’à ce qu’on arrive à notre groupe final où il va étudier le profil des 9 à 12 nouveaux gars qui s’aligneront avec nous pour démarrer la nouvelle saison, en plus d’assurer le suivi avec nos vétérans qui sont de retour. »

Une fois le processus de camp d’entraînement terminé, les équipes auront plus d’une vingtaine d’athlètes-étudiants à placer dans les établissements scolaires, ce qui représente chaque année un véritable casse-tête logistique compte tenu des différents profils.

Il y a les anglophones dans les villes francophones et vice-versa, les étudiants de l’extérieur du Québec qui jouent au sein d’équipes basées au Québec ou à l’inverse des Québécois qui jouent dans les Maritimes, des étudiants du secondaire, de niveau collégial ou universitaire, sans oublier les Européens.

Il y a notamment le cas de Maximilien Glassl, un défenseur allemand qui a complété la saison dernière avec le Drakkar de Baie-Comeau, en provenance des Wildcats de Moncton. Son conseiller pédagogique sur la Côte-Nord, James Laviolette, a notamment contacté l’ambassade d’Allemagne à Ottawa pour s’assurer que le jeune homme puisse poursuivre ses études par correspondance avec son école à Berlin.

« Ça demande de leur part une gymnastique exceptionnelle et beaucoup de dextérité », indique Marc-André Dumont, directeur général des Screaming Eagles du Cap-Breton. « Il faut nous assurer que chacun ait un cheminement qui correspond à son profil. »

Vous aurez compris que ce n’est pas donné à n’importe qui de jouer ce rôle.

« Ça prend des personnes qui ont une connaissance du système scolaire avec toutes ses particularités, des gens qui ont de l’initiative, de la débrouillardise, une ouverture d’esprit et une facilité d’adaptation pour fonctionner dans le contexte de notre ligue », explique Natacha Llorens.

Enseignants au secondaire ou dans les cégeps, anciens directeurs d’école à la retraite ou conseillers en orientation, les conseillers pédagogiques des 18 équipes de la LHJMQ ont tous un point en commun.

« Ce sont de véritables passionnés parce qu’ils sont là toute l’année, souvent dans l’ombre et ils font tout pour aider nos athlètes-étudiants pour que tout se passe bien avec leurs études, » indique Llorens.

James Laviolette entreprend cette année sa cinquième saison comme conseiller pédagogique à Baie-Comeau. Originaire de Sillery dans la région de Québec, il compte près d’une trentaine d’années d’expérience comme enseignant.

« Il y a deux catégories de personnes dans notre ligue: il y a les étudiants qui jouent au hockey et les hockeyeurs qui vont à l’école. Mon objectif a toujours été de prendre l’athlète où il est rendu comme personne afin de l’aider comme étudiant. Je dis toujours aux parents que ce qui m’importe le plus est l’éducation de leurs gars. À mes yeux ce sont mes gars et je travaille pour leur bien, » raconte le père de famille qui est aussi devenu grand-père.

Le Drakkar a innové il y a trois ans devenant la première équipe à offrir des diplômes d’études professionnelles à ses joueurs. « Ce n’est pas tout le monde qui est fait pour aller à l’université », indique Laviolette. « Deux de nos gars ont fait leur cours en mécanique automobile lors de la première année de ce programme et ils avaient beaucoup de plaisir et de fierté. Ils faisaient même les changements d’huile et de pneus des autres gars de l’équipe! »

Un de ces athlètes, l’attaquant Alexandre Ranger, a passé une partie de la dernière saison dans la Ligue américaine avec les IceCaps de St. John’s, équipe-école des Canadiens de Montréal.

Lors d’un déplacement dans la région d’Ottawa l’hiver dernier, Laviolette a assisté à un match universitaire opposant les Redmen de McGill aux Ravens de l’Université Carleton. « C’était une grande fierté pour moi d’y trouver cinq de mes anciens joueurs sur la patinoire. Nous nous sommes rencontrés après le match et nous étions tous bien heureux de nous revoir. »

« Pour moi aussi la réussite c’est aussi de travailler avec des gars qui ne veulent rien savoir à leur arrivée et qui finissent par compléter leurs cours », dit-il.

Llorens partage la fierté de Laviolette à ce chapitre.

« La grande majorité des joueurs réussissent leurs études et les poursuivent à l’université ou encore par un cheminement d’études professionnelles. Nous avons aussi raccroché plusieurs jeunes qui auraient décroché autrement », indique-t-elle.

Les conseillers pédagogiques ne figurent peut-être pas sur la feuille de match des équipes, mais cela ne diminue pas leur importance au sein de chacune des formations du circuit.

« En clair, notre conseiller pédagogique est plus qu’une ressource, c’est un membre à part entière de notre organisation qui participe aux succès de l’équipe,» conclut Marc-André Dumont.

 

Photo: Natacha Llorens, James Laviolette, Jérémy Grégoire, Gilles Courteau

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