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Philippe Germain

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Philippe Germain compte plus de 15 ans d’expérience comme chroniqueur et descripteur sportif sur les ondes radio de CKAC, XM Sirius, 98,5FM et Radio-Canada. Il a été chroniqueur sur les activités des Canadiens de Montréal pour le compte du Ottawa Citizen pendant une saison et comme pigiste dans les pages sportives du quotidien The Gazette à Montréal. Depuis 1999, il est propriétaire de Visionnaire Communications, une agence offrant des services de traduction à la Ligue canadienne de hockey, la Ligue Nationale de Hockey (LNH) et à plusieurs fédérations sportives canadiennes. Il est aussi rédacteur pour le site de la LHJMQ depuis 2015.

 


 

Des anciens de la LHJMQ en quête d’or aux Olympiques

Par Philippe Germain – 15 février 2018

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Quand le tournoi olympique de hockey masculin de Pyeongchang a démarré le matin du 14 février, l’absence des joueurs étoiles de la LNH nous frappa en plein visage.

Ces derniers sont remplacés par un grand nombre de joueurs que nous découvrirons au fil des matchs. Heureusement pour les partisans de la LHJMQ, il y a quelques visages familiers parmi les athlètes qui lutteront pour une place sur le podium.

Quand la composition de l’équipe canadienne a été dévoilée au début du mois de janvier, quatre joueurs qui sont passés par la LHJMQ figuraient sur la liste. Le nom le plus reconnu du groupe était bien sûr celui de Maxim Lapierre. Celui qui a brillé avec le Rocket de Montréal et de l’Île du Prince-Édouard de 2001 à 2005 est éventuellement devenu un choix de deuxième ronde des Canadiens de Montréal en 2003, avant de jouer plus de 600 matchs dans le circuit de la LNH.

On y retrouve aussi son coéquipier pendant deux saisons avec le Rocket, Marc-André Gragnani (2003-2007), qui a remporté l’argent aux Championnat du monde U-18 de 2005 avec le Canada. Choix de troisième ronde des Sabres de Buffalo en 2005, il a joué 78 matchs dans la LNH et près de 400 matchs dans la Ligue Américaine avant de s’expatrier en Europe.

Les deux autres sont d’anciens joueurs des Tigres, soit l’ex-capitaine Maxim Noreau (2004-2007) qui a joué six matchs au sein du Wild du Minnesota, et cinq des sept dernières saisons en Suisse. Et puis on retrouve le gardien Kevin Poulin (2006-2010), choix de cinquième ronde des Islanders de New York, qui l’ont utilisé dans une cinquantaine de matchs de 2010 à 2015.

Un groupe d’anciens de la LHJMQ dans l’uniforme canadien aux Jeux olympiques n’a rien de neuf. Depuis les Jeux de Sarajevo en 1984, il y a eu de deux à cinq joueurs du circuit Courteau au sein de chaque édition de l’équipe canadienne olympique. Une seule édition fait exception, soit durant les Jeux de 1994 à Lillehammer, où il n’y avait aucun représentant de la LHJMQ.

Le quatuor de cette année représente un joueur de moins que le plus haut total d’anciens de la LHJMQ ayant participé aux mêmes Olympiques, soit les cinq athlètes qui figuraient au sein des équipes canadiennes des Jeux de 2006 et de 2010.

À Turin, Roberto Luongo (Val-d’Or | Acadie-Bathurst), Martin Brodeur (St-Hyacinthe), Vincent Lecavalier (Rimouski), Brad Richards (Rimouski) et Simon Gagné (Beauport | Québec) et le reste de l’équipe canadienne ont pris le septième rang, après avoir été éliminés par la Russie en quarts de finale.

Quatre ans plus tard, Brodeur, Luongo, Marc-André Fleury (Cap-Breton), Patrice Bergeron (Acadie-Bathurst) et Sidney Crosby (Rimouski) ont remporté l’or à la maison, avec Crosby qui marquait un des plus importants buts de l’histoire du hockey canadien, soit celui de la grande victoire en prolongation contre les Américains.

Autre thème commun pour le Canada cette année; la présence d’un ancien de la LHJMQ devant le filet. C’était le cas lors de quatre des cinq derniers tournois olympiques, avec Luongo (2010), Brodeur (2002 et 2006), ainsi que Patrick Roy (Granby), qui a été le gardien du Canada à Nagano, en 1998. Kevin Poulin ajoute son nom à cette liste illustre en joignant le Canada à Pyeongchang cette année.

Mais le Canada n’est pas la seule formation qui comptera des anciens de la LHJMQ. Ce sera notamment le cas de l’équipe composée des athlètes olympiques de Russie, alors qu’un certain Mikhail Grigorenko (Québec, 2011-2013) a été retenu pour le tournoi.

Voici une liste des joueurs de la LHJMQ à avoir jusqu’ici représenté le Canada aux Jeux Olympiques d’hiver :


PYEONGCHANG, 2018
Maxim Lapierre             (Montréal, I.-P.-É. / 2001-05)
Marc-Andre Gragnani  (I.P.-É. / 2003-07)
Maxim Noreau               (Victoriaville / 2004-07)
Kevin Poulin                   (Victoriaville / 2006-10)

SOTCHI, 2014 – Médaille d’or
Roberto Luongo           (Val-d’Or, A.-Bathurst / 1995-99)
Patrice Bergeron          (A.-Bathurst / 2001-03)
Marc-Édouard Vlasic  (Québec / 2003-06)
Sidney Crosby               (Rimouski / 2003-05)

VANCOUVER, 2010 – Médaille d’or
Martin Brodeur           (St-Hyacinthe / 1989-92)
Marc-André Fleury     (Cap-Breton / 2000-04)
Roberto Luongo
Patrice Bergeron
Sidney Crosby

TURIN, 2006 – 7e position
Vincent Lecavalier      (Rimouski / 1996-98)
Simon Gagné               (Beauport, Québec / 1996-99)
Brad Richards             (Rimouski / 1997-2000)
Martin Brodeur
Roberto Luongo

SALT LAKE CITY, 2002 – Médaille d’or
Mario Lemieux           (Laval / 1981-84)
Simon Gagné
Martin Brodeur

NAGANO, 1998 – 4e position
Patrick Roy                   (Granby / 1982-85)
Eric Desjardins            (Granby / 1986-88)
Raymond Bourque      (Trois-Rivières, Sorel, Verdun / 1976-79)
Martin Brodeur

LILLEHAMMER, 1994 – Médaille d’argent
Aucun ancien de la LHJMQ

ALBERTVILLE, 1992 – Médaille d’argent
Patrick Lebeau             (Shawinigan, St-Jean, Victoriaville / 1986-90)
Sam St-Laurent           (Chicoutimi / 1975-79)

CALGARY, 1988 – 4e position
Claude Vilgrain           (Laval / 1980-83)
Serge Boisvert             (Sherbrooke / 1977-80)
Serge Roy                     (Laval / 1979-80)

SARAJEVO, 1984 – 4e position
J.-Jacques Daigneault   (Laval, Longueuil / 1981-84)
Mario Gosselin               (Shawinigan / 1980-83)
Paul Pageau                    (Québec, Shawinigan / 1975-80)



Kucherov en route vers l’histoire

par Philippe Germain – 19 janvier 2018

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La domination du Lightning de Tampa Bay cette saison dans la LNH fait les manchettes et plusieurs voient déjà cette équipe compétitionner pour la Coupe Stanley le printemps prochain.

Cette équipe est particulièrement bien nantie d’anciens de la LHJMQ; on y retrouve notamment Cédric Paquette (Blainville-Boisbriand | 2011-2013), Ondrej Palat (Drummondville | 2009-2011), Yanni Gourde (Victoriaville | 2008-2012) et surtout, le très talentueux Nikita Kucherov (Québec, Rouyn-Noranda | 2012-2013).

L’habile ailier originaire de Moscou a passé la majeure partie de ses années juniors dans sa Russie natale avant d’être réclamé par le Lightning de Tampa Bay en deuxième ronde, 58e au total, lors du Repêchage de la LNH de 2011. Mais avant de rejoindre les rangs professionnels nord-américains, plusieurs sont ceux qui oublient que Kucherov est passé par la LHJMQ.

C’est à la suite d’une décision éclairée, lui assurant une immersion au style de jeu du hockey nord-américain, que Kucherov est venu jouer quelques matchs de la saison 2012-2013 avec les Remparts de Québec. Rappelons que ce sont les Remparts qui avaient mis la main sur ses droits, eux qui l’avaient réclamé au 43e rang du Repêchage international de la LCH en 2012.

Malheureusement pour les partisans de Québec, son passage dans la vieille capitale aura été bref; à l’aube des séries éliminatoires, il sera échangé aux Huskies de Rouyn-Noranda.

Dans cette transaction à trois équipes, Québec s’était retrouvé avec un choix de deuxième ronde en 2013 (le défenseur américain, Noah Hanfin) et le premier choix international de Sherbrooke en 2014 (l’attaquant russe, Vladislav Kamenev). Il s’agira au bout du compte de deux joueurs qui n’ont jamais joué dans la LHJMQ, mais ça, c’est une autre histoire…

En 33 matchs de saison régulière dans la LHJMQ, Kucherov a amassé 63 points, dont 29 buts. Puis, il a ajouté 24 points en 14 matchs de séries éliminatoires. C’est là un total de 87 points en 47 matchs, bon pour une moyenne de 1,85 points par match! Kucherov était donc certainement un candidat pour le prix « Court, mais ô combien intense »!

Mais pourquoi tout cela est-il pertinent?

Alors qu’il est actuellement en lutte pour le championnat des marqueurs de la LNH, Kooch est en voie d’inscrire son nom parmi quelques grands de la LHJMQ. C’est vrai, l’attaquant russe n’est pas le joueur traditionnel qui a grandi dans le hockey mineur du Québec ou des Maritimes. Il n’a même pas joué une saison complète dans la LHJMQ! Mais, chose certaine, il a démontré comment la LHJMQ pouvait être un tremplin efficace entre l’Europe et la LNH.

Si Kucherov devait remporter le trophée Art Ross à la fin de la saison, il deviendrait le premier ancien de la LHJMQ à réaliser l’exploit depuis Sidney Crosby (2007 et 2014), et se retrouverait aux côtés de deux autres géants du circuit Courteau : Mario Lemieux et Guy Lafleur.

Après un parcours avec les Voisins de Laval dans lequel il a établi plusieurs records de la LHJMQ, Super Mario a remporté six trophées Art Ross, à une seule conquête du record de Wayne Gretzky (7) à ce chapitre.

Mais le tout premier ancien de la LHJMQ à remporter le championnat des marqueurs de la LNH est le Démon Blond. Lui qui a fait la pluie et le beau temps avec les Remparts de Québec, Lafleur a remporté le trophée Art Ross à trois occasions avec les Canadiens de Montréal au cours des années 1970.

Et si Kucherov réussit l’exploit d’inscrire son nom sur le trophée Art Ross, c’est vers un autre trophée remporté par les trois mêmes anciens de la LHJMQ qu’il pourra tourner les yeux; soit vers la Coupe Stanley!



Serré comme un habit de neige après un souper du Réveillon

par Philippe Germain – 8 janvier 2018

BlogTisserSerrer

La parité. Toutes les ligues recherchent la recette secrète pour l’obtenir, peu importe le sport.

Et en ce dernier tiers de la saison 2017-2018, le concept de parité semble être tout simplement redéfini dans la LHJMQ…

Un coup d’œil au classement général et les plus claustrophobes parmi nous commencent à voir des étoiles. Pour cause, après les matchs du 7 janvier, seulement huit points séparent les Mooseheads de Halifax des Remparts de Québec, respectivement au premier et neuvième rang.

Ça les amis, c’est serré comme un habit de neige après un souper du Réveillon en famille.

Voici un rappel des meneurs du circuit, en date d’aujourd’hui : 1-Halifax (57 points), 2-Blainville-Boisbriand (56 points), 3-Rimouski (54 points), 4-Drummondville (56 points), 5-Rouyn-Noranda (55 points), 6-Charlottetown (50 points), 7-Gatineau (50 points), 8-Acadie-Bathurst (50 points) et 9-Québec (49 points).

Vous avez donc compris que cette saison s’annonce de loin comme une des plus compactes au classement depuis les 20 dernières années! Il est certain que la situation peut complètement changer d’ici la fin de la saison, mais peu importe, on aura droit à un dernier tiers de saison du tonnerre.

Pour mettre les choses en perspective, depuis la saison 1997-1998, l’écart moyen entre les équipes de première et de neuvième place au classement général est de 31 points à la fin de la campagne.

Au cours de cette même période, le classement le plus dense entre la première et la neuvième place remonte à 2007-2008, alors que les Huskies de Rouyn-Noranda de l’entraîneur-chef André Tourigny ont remporté le trophée Jean Rougeau avec une récolte de 97 points. En neuvième position se retrouvaient alors les MAINEiacs de Lewiston et leur gardien Jonathan Bernier, eux qui avaient amassé 81 points, bon pour un écart de 16 points avec la tête.

Ensuite, on doit considérer la saison 2013-2014, alors que le Drakkar de Baie-Comeau de Charles Hudon avait conclu en tête avec 99 points, soit 21 points devant les Screaming Eagles du Cap-Breton, au neuvième rang.

Quant à l’écart le plus important des 20 dernières années? Il faut remonter à la saison 2000-2001 quand les Cataractes de Shawinigan, qui comptaient alors dans leurs rangs les Jason Pominville, Marc-André Bergeron et Radim Vrbata de ce monde, ont filé en tête avec une récolte explosive de 116 points. Au neuvième rang se retrouvaient à l’époque Marc-André Fleury et le Cap-Breton avec 65 points, soit 51 points derrière les champions du calendrier régulier.

On a pu remarquer une autre différence énorme en 2010-2011 quand les Sea Dogs de Saint John et un certain Jonathan Huberdeau ont amassé 119 points, soit 43 de plus que les Wildcats de Moncton au neuvième rang.

Comme les cyclistes du Tour de France, les prochaines étapes marquant le dernier tiers de la compétition vont possiblement voir certaines équipes tenter une échappée, fortes de nouvelles acquisitions lors de la période des transactions. Mais il y en aura d’autres qui s’essouffleront et glisseront hors du groupe de tête, et d’autres encore qui pourraient y aller d’un soubresaut et accéder à la course…aux séries!

Chaque match prend ainsi de la valeur au classement et devient un rendez-vous à ne pas manquer, que ce soit à la télévision, à la radio, sur le Web ou, encore mieux, dans les estrades! Faites vite pour assister à un des nombreux rendez-vous d’ici la fin de la saison…question de pouvoir un jour raconter que vous avez été témoin d’une saison historique!



« Junior et Majeur », millionnaire au grand écran

par Philippe Germain – 8 décembre 2017

BlogJuniorMajeur

Je suis allé voir le film « Junior et Majeur » au début de sa deuxième semaine de sortie au cinéma. Bon signe, la salle était pleine, surtout des adolescents et des jeunes familles qui ont probablement fait partie des plus de 232 000 cinéphiles qui ont vu la première partie du film, « Les Pee-Wee 3D » en 2012.

Déjà après 11 jours en salle, « Junior et Majeur » est millionnaire au chapitre des recettes, soit un de seulement trois longs métrages québécois à avoir atteint ce plateau en 2017, après « Bon Cop, Bad Cop 2 » et la coproduction franco-canadienne d’animation « Ballerina ».

Pour vous illustrer la situation et la mettre en contexte, il y a pratiquement autant de personnes qui ont assisté à ce nouveau film en une dizaine de jours qu’il y a eu de spectateurs aux matchs des Remparts de Québec au Centre Vidéotron lors des 10 premières semaines du calendrier régulier 2017-2018.

Ça messieurs, dames, ça s’appelle de la visibilité de produit « en s’il-vous-plait ».

Par ailleurs, on peut croire que la grande majorité de ces entrées au cinéma ont été enregistrées dans la grande région de Montréal et extrapoler davantage qu’un grand nombre de ces personnes n’ont jamais assisté à un seul match de la LHJMQ en personne.

Sans révéler trop de détails sur le scénario, l’histoire tourne autour d’une paire de joueurs des Saguenéens de Chicoutimi et on y voit plus tard plusieurs apparitions des Huskies de Rouyn-Noranda, notamment à l’occasion d’une confrontation des deux équipes en séries éliminatoires.

Le Centre Dave Keon et le Centre George Vezina (où, que vois-je, est accroché une bannière de champion de la Coupe Memorial!), y sont notamment bien en vue, tout comme le logo de la ligue.

Imaginez si seulement 10 % des personnes qui ont vu le film vont plus loin et se mettent à suivre les activités de la LHJMQ sur le Web ou à la télévision, ou bien qu’ils demandent un chandail ou une casquette des Huskies ou des Saguenéens.

Peu importe, ce sera une retombée directe pour la ligue.

Pour ce qui est du film en soi, je vous laisse aller le voir et vous faire une tête à savoir si vous aimez ou non. Les thématiques abordées permettront certainement aux parents d’avoir des discussions avec leurs ados, ce qui n’est pas non plus une mauvaise chose.

Contrairement à une autre série à venir qui portera aussi sur le hockey junior au Québec, la production du film « Junior et Majeur » a accepté de soumettre son scénario à la direction de la LHJMQ et d’y apporter quelques modifications suggérées, notamment en faisant valoir le programme d’aide aux joueurs qui font face, comme les protagonistes du film, à des situations corsées.

J’ai entendu quelques gouverneurs d’équipe dire qu’ils étaient heureux que ce film ne soit pas une parodie sur l’ensemble de l’œuvre.

Je leur répondrai, sourire en coin, que j’ai bien ri lors de quelques scènes de matchs dans le film. Notamment quand on voit les défenseurs de l’Armada et des Olympiques se faire contourner comme des cônes orange, considérant que les formations de Blainville-Boisbriand et de Gatineau figurent parmi les cinq meilleures défensives du circuit cette saison au chapitre des buts accordés.



Sébastien Goulet : La Voix Junior

par Philippe Germain – 20 novembre, 2017

SebastienGoulet

Charles Lafortune ne le connait peut-être pas. Alex Nevsky, Marc Dupré et Marie-Mai ne se sont jamais retournés dans une audition à l’aveugle pour lui. Mais n’en demeure pas moins que depuis six ans, il est La Voix Junior du Québec.

D’accord, il a passé l’âge de participer à ce concours de chant qui vient de conclure sa deuxième saison sur les ondes du réseau TVA et, honnêtement, on ignore tout de son talent à pousser la note. Mais comme descripteur des matchs de la LHJMQ à MAtv et à TVA Sports, Sébastien Goulet s’est établi comme La Voix (du hockey) Junior.

« Ce qui m’allume le plus dans mon travail c’est qu’on voit l’avenir et que c’est perpétuel », dit-il d’entrée de jeu. « J’ai pu voir des gars dont je décrivais les matchs en 2012-13 connaître déjà de belles carrières dans la LNH. C’est de voir que l’avenir est prometteur pour autant d’athlètes. »

« C’est sûr que ce n’est pas tout le monde qui parvient à la Ligue nationale [de hockey]. Certains vivent entre l’âge de 16 et 20 ans les plus belles années de leur parcours de hockey. Avoir la chance de transmettre ces histoires-là aux gens – car c’est ce que je fais avant tout, je raconte les progrès de ces personnes au fil des années – [est un privilège]. Puis, quand je les retrouve en décrivant des matchs de la LNH, je peux raconter que j’ai croisé ce gars-là à Shawinigan, ou Victoriaville. »

Comme un joueur qui fait ses classes dans l’espoir de passer au niveau supérieur, Sébastien Goulet accumule lentement, mais sûrement, un bagage de connaissances et d’expériences qui fera éventuellement de lui un incontournable comme descripteur de rencontres sportives. Déjà ses patrons à TVA Sports l’utilisent pour des matchs de la LNH, ce qui le garde pratiquement cloué au studio quand arrive le temps des séries éliminatoires au printemps.

Le match de la LHJMQ qu’il a préféré décrire depuis le début de son parcours? Le septième match de la finale de la Coupe du Président, remporté à la maison par l’Océanic de Rimouski, en deuxième prolongation, sur les Remparts de Québec.

L’endroit où il apprécie le plus travailler? Plus c’est loin de Montréal, mieux c’est! « On ne va pas souvent en Abitibi, sur la Côte-Nord ou encore à Rimouski, mais quand on y va, les gens sont heureux de nous voir là. On sent qu’ils nous suivent et nous apprécient. »

S’il y a un amphithéâtre où il accepterait de faire tous ses matchs, lequel serait-il? « Je vais surprendre les gens, mais notre meilleur point de vue est présentement à Gatineau. On est tellement près de la patinoire. »

Globe-trotteur à ses heures, Goulet connaîtra une pause olympique encore cet hiver alors qu’il retournera à ses premièrs amours, comme annonceur maison aux Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud. Il s’agira de ses quatrièmes Jeux d’hiver et de ses cinquièmes au total, si l’on ajoute son travail à la boxe et à l’haltérophilie lors des Jeux d’été de Rio en 2016.

Ne vous surprenez donc pas d’entendre sa voix à Radio-Canada ou à RDS en février, lors de la retransmission des matchs du tournoi de hockey.

Son rêve? « Je fais déjà 80 matchs de LNH par année en studio à TVA Sports. Suivre une équipe dans ses activités quotidiennes pendant une saison me plairait. L’objectif ultime pour moi serait de décrire un match de hockey au tournoi olympique. »

Qui sait, Sébastien Goulet, imitera-t-il Charles Hudon et Sidney Crosby en passant de la LHJMQ à la LNH à temps complet? Saura-t-il devancer les Charles Kardos et Sydney Lallier, en passant de la Voix Junior à la Voix (du hockey) des grands?



Au revoir Patrice…salut Gerard!

par Philippe Germain – 3 novembre, 2017

Gallant-Bernier

Deux anciens de la LHJMQ ont marqué l’actualité sportive à leur façon au cours des derniers jours.

D’abord Patrice Bernier (Val-d’Or et Sherbrooke | 1996-1998), un des athlètes québécois les plus accomplis des 15 dernières années, a accroché ses crampons après un beau parcours de 18 saisons au ballon rond. Un parcours qui a démarré et qui s’est conclu à Montréal, avec des arrêts en Norvège, en Allemagne et au Danemark, sans compter plus d’une cinquantaine de matchs dans l’uniforme de l’équipe nationale du Canada.

À Val-d’Or, Bernier a été le meilleur marqueur chez les défenseurs des Foreurs à sa première saison en 1996-1997 (7B-27A-34P en 70 matchs), bon aussi pour le deuxième rang des marqueurs chez les défenseurs recrues du circuit cette année-là. Rappelons que les Foreurs, dirigés par Richard Martel, comptaient alors sur une équipe avec quelques futurs joueurs de la Ligue Nationale de Hockey, notamment Steve Bégin, Jean-Pierre Dumont, Jean-Luc Grand-Pierre et Roberto Luongo.

« Dans le hockey d’aujourd’hui, je suis certain qu’il figurerait parmi les bons espoirs en raison de ses habiletés en défensive », assure John Greene, actuel gouverneur du Titan d’Acadie-Bathurst, qui a dirigé Bernier dans le hockey mineur sur la Rive-Sud de Montréal et qui est toujours resté en contact avec la famille de ce dernier. Il était d’ailleurs au Stade Saputo le 22 octobre pour le dernier match de soccer de son ancien protégé.

« Son style de jeu [dans les rangs juniors] me rappelait un peu un gars comme [l’actuel porte-couleur des Canadiens de Montréal] Victor Mete, mais en plus grand. Il avait une bonne vision et un excellent tir, puis il était capable de jeu robuste dans son territoire. Selon moi, il aurait pu faire carrière dans la LNH », ajoute Greene, celui que Bernier a récemment qualifié comme étant son « père sportif ».

La LHJMQ peut tirer une certaine fierté d’avoir participé à l’évolution sportive de Patrice Bernier, un des plus grands joueurs de soccer de sa génération au Québec, voire même au Canada.

CE QUI SE PASSE À VEGAS…

Quel amateur de hockey peut rester insensible au début de saison au-delà des attentes des Golden Knights de Vegas et de leur entraîneur-chef, Gerard Gallant?

Ancien joueur (Sherbrooke, St-Jean et Verdun | 1980-1983) et entraîneur-chef (Saint John | 2009-2012) dans la LHJMQ, l’homme de hockey originaire de Summerside, sur l’Île du Prince-Édouard, fait écarquiller bien des yeux dans la LNH en misant sur un groupe de joueurs sans trop d’éclat, mais qui fait des merveilles et réécrit le livre des records comme club d’expansion dans le circuit Bettman.

Il est encore très tôt dans la saison, mais force est d’admettre que si les Golden Knights se taillaient une place en séries éliminatoires le printemps prochain, Gallant pourra commencer à faire de la place entre ses deux trophées Brian Kilrae d’entraîneur de l’année dans la LCH, pour y glisser un Jack Adams.

On verra bien. Mais en attendant, bravo Gérard, tu nous rends bien fiers!