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Les dessous de la LHJMQ

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Des anciens de la LHJMQ en quête d’or aux Olympiques

Par Philippe Germain – 15 février 2018

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Quand le tournoi olympique de hockey masculin de Pyeongchang a démarré le matin du 14 février, l’absence des joueurs étoiles de la LNH nous frappa en plein visage.

Ces derniers sont remplacés par un grand nombre de joueurs que nous découvrirons au fil des matchs. Heureusement pour les partisans de la LHJMQ, il y a quelques visages familiers parmi les athlètes qui lutteront pour une place sur le podium.

Quand la composition de l’équipe canadienne a été dévoilée au début du mois de janvier, quatre joueurs qui sont passés par la LHJMQ figuraient sur la liste. Le nom le plus reconnu du groupe était bien sûr celui de Maxim Lapierre. Celui qui a brillé avec le Rocket de Montréal et de l’Île du Prince-Édouard de 2001 à 2005 est éventuellement devenu un choix de deuxième ronde des Canadiens de Montréal en 2003, avant de jouer plus de 600 matchs dans le circuit de la LNH.

On y retrouve aussi son coéquipier pendant deux saisons avec le Rocket, Marc-André Gragnani (2003-2007), qui a remporté l’argent aux Championnat du monde U-18 de 2005 avec le Canada. Choix de troisième ronde des Sabres de Buffalo en 2005, il a joué 78 matchs dans la LNH et près de 400 matchs dans la Ligue Américaine avant de s’expatrier en Europe.

Les deux autres sont d’anciens joueurs des Tigres, soit l’ex-capitaine Maxim Noreau (2004-2007) qui a joué six matchs au sein du Wild du Minnesota, et cinq des sept dernières saisons en Suisse. Et puis on retrouve le gardien Kevin Poulin (2006-2010), choix de cinquième ronde des Islanders de New York, qui l’ont utilisé dans une cinquantaine de matchs de 2010 à 2015.

Un groupe d’anciens de la LHJMQ dans l’uniforme canadien aux Jeux olympiques n’a rien de neuf. Depuis les Jeux de Sarajevo en 1984, il y a eu de deux à cinq joueurs du circuit Courteau au sein de chaque édition de l’équipe canadienne olympique. Une seule édition fait exception, soit durant les Jeux de 1994 à Lillehammer, où il n’y avait aucun représentant de la LHJMQ.

Le quatuor de cette année représente un joueur de moins que le plus haut total d’anciens de la LHJMQ ayant participé aux mêmes Olympiques, soit les cinq athlètes qui figuraient au sein des équipes canadiennes des Jeux de 2006 et de 2010.

À Turin, Roberto Luongo (Val-d’Or | Acadie-Bathurst), Martin Brodeur (St-Hyacinthe), Vincent Lecavalier (Rimouski), Brad Richards (Rimouski) et Simon Gagné (Beauport | Québec) et le reste de l’équipe canadienne ont pris le septième rang, après avoir été éliminés par la Russie en quarts de finale.

Quatre ans plus tard, Brodeur, Luongo, Marc-André Fleury (Cap-Breton), Patrice Bergeron (Acadie-Bathurst) et Sidney Crosby (Rimouski) ont remporté l’or à la maison, avec Crosby qui marquait un des plus importants buts de l’histoire du hockey canadien, soit celui de la grande victoire en prolongation contre les Américains.

Autre thème commun pour le Canada cette année; la présence d’un ancien de la LHJMQ devant le filet. C’était le cas lors de quatre des cinq derniers tournois olympiques, avec Luongo (2010), Brodeur (2002 et 2006), ainsi que Patrick Roy (Granby), qui a été le gardien du Canada à Nagano, en 1998. Kevin Poulin ajoute son nom à cette liste illustre en joignant le Canada à Pyeongchang cette année.

Mais le Canada n’est pas la seule formation qui comptera des anciens de la LHJMQ. Ce sera notamment le cas de l’équipe composée des athlètes olympiques de Russie, alors qu’un certain Mikhail Grigorenko (Québec, 2011-2013) a été retenu pour le tournoi.

Voici une liste des joueurs de la LHJMQ à avoir jusqu’ici représenté le Canada aux Jeux Olympiques d’hiver :


PYEONGCHANG, 2018
Maxim Lapierre             (Montréal, I.-P.-É. / 2001-05)
Marc-Andre Gragnani  (I.P.-É. / 2003-07)
Maxim Noreau               (Victoriaville / 2004-07)
Kevin Poulin                   (Victoriaville / 2006-10)

SOTCHI, 2014 – Médaille d’or
Roberto Luongo           (Val-d’Or, A.-Bathurst / 1995-99)
Patrice Bergeron          (A.-Bathurst / 2001-03)
Marc-Édouard Vlasic  (Québec / 2003-06)
Sidney Crosby               (Rimouski / 2003-05)

VANCOUVER, 2010 – Médaille d’or
Martin Brodeur           (St-Hyacinthe / 1989-92)
Marc-André Fleury     (Cap-Breton / 2000-04)
Roberto Luongo
Patrice Bergeron
Sidney Crosby

TURIN, 2006 – 7e position
Vincent Lecavalier      (Rimouski / 1996-98)
Simon Gagné               (Beauport, Québec / 1996-99)
Brad Richards             (Rimouski / 1997-2000)
Martin Brodeur
Roberto Luongo

SALT LAKE CITY, 2002 – Médaille d’or
Mario Lemieux           (Laval / 1981-84)
Simon Gagné
Martin Brodeur

NAGANO, 1998 – 4e position
Patrick Roy                   (Granby / 1982-85)
Eric Desjardins            (Granby / 1986-88)
Raymond Bourque      (Trois-Rivières, Sorel, Verdun / 1976-79)
Martin Brodeur

LILLEHAMMER, 1994 – Médaille d’argent
Aucun ancien de la LHJMQ

ALBERTVILLE, 1992 – Médaille d’argent
Patrick Lebeau             (Shawinigan, St-Jean, Victoriaville / 1986-90)
Sam St-Laurent           (Chicoutimi / 1975-79)

CALGARY, 1988 – 4e position
Claude Vilgrain           (Laval / 1980-83)
Serge Boisvert             (Sherbrooke / 1977-80)
Serge Roy                     (Laval / 1979-80)

SARAJEVO, 1984 – 4e position
J.-Jacques Daigneault   (Laval, Longueuil / 1981-84)
Mario Gosselin               (Shawinigan / 1980-83)
Paul Pageau                    (Québec, Shawinigan / 1975-80)



Des joueurs d’impact

par Raynald Cloutier – 30 janvier, 2018

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J’ai sursauté la semaine dernière lorsqu’un des deux entraineurs honorifiques du Match des Meilleurs Espoirs Sherwin-Williams de la LCH/LNH, Don Cherry, a mentionné que les européens prenaient la place de joueurs canadiens au sein des formations de hockey junior majeur au Canada.

En tout respect, je ne partage pas du tout cet avis. Les joueurs européens rehaussent le calibre de jeu du hockey junior ici au Canada et ils sont souvent parmi les meilleurs joueurs de leurs équipes respectives.

Je suis de l’école de pensée que l’on s’améliore en côtoyant les meilleurs. Autant ils deviennent de meilleurs joueurs en venant se développer en Amérique du Nord, autant que ces joueurs européens contribuent à faire évoluer et grandir le hockey junior. Quel que soit le domaine dans lequel on œuvre, en 2018, on voit très bien que la planète rapetisse et qu’une ouverture sur le monde est devenue essentielle.

Diversité

Je vous invite à jeter un coup d’œil sur les dernières séances de repêchage de la LNH. Vous constaterez rapidement que les premiers choix des dernières années proviennent de nationalités différentes.

Qui eut cru qu’un jour, un joueur de nationalité suisse soit sélectionné au premier rang de l’encan annuel de la LNH? C’est pourtant ce qui est arrivé en juin 2017, lorsque Nico Hischier a été le tout premier choix des Devils du New Jersey. Hischier est venu jouer dans la LHJMQ avec les Mooseheads d’Halifax en 2016-17 et sa saison phénoménale lui a permis de progresser à un point tel qu’il a réussi à se hisser au sommet des joueurs repêchés.

Au lieu de critiquer la venue de Hischier (ou des joueurs européens en général), on devrait plutôt parler de leurs succès. Dans le cas de Hischier, il mérite beaucoup de crédit pour ses accomplissements. Mais il en va de même pour l’encadrement offert par le hockey junior au Canada, qui se mérite une bonne note pour avoir permis à ce joueur talentueux d’exploiter tout son talent. Je suis convaincu que ceux qui ont côtoyé Hischier à Halifax l’ont aidé en quelque sorte à devenir le joueur qu’il est aujourd’hui, mais je suis également convaincu que plusieurs ont profité, de différentes façons, de la présence du jeune homme.

Fierté

Depuis l’arrivée des européens au tournant des années 2000, pratiquement toutes les équipes de la LHJMQ ont pu vivre l’expérience enrichissante d’accueillir un de ces derniers. Et je comprends que ce n’est pas toujours facile le dossier des joueurs étrangers; il faut développer une bonne relation avec leurs agents, tisser des bons liens, les acclimater, etc…

Mais avec maintenant 60 équipes de hockey junior majeur au Canada, dont 18 dans la LHJMQ, le maximum de deux places par équipe qui sont réservées aux joueurs européens n’est pas de trop. Bien au contraire. De même que dans la majorité des cas, les équipes et leurs joueurs européens développent de belles relations qui perdurent dans le temps.

Les amateurs deviennent fiers de voir un de leurs anciens joueurs accéder à son rêve de jouer dans la LNH. Les partisans des Huskies de Rouyn Noranda (et des Remparts) sont tous heureux de voir Nikita Kucherov occuper le premier rang des marqueurs de la LNH actuellement. Et il n’a pas volé la place à personne en débarquant au Québec!

À Halifax , ils ont plusieurs raisons de démontrer cette fierté envers les joueurs européens. L’équipe des Mooseheads compte plusieurs anciens qui évoluent présentement dans la grande ligue :  Nikolaj Ehlers avec les Jets de Winnipeg, Jakub Voracek avec les Flyers de Philadelphie, Timo Meier avec les Sharks de San Jose, et maintenant Hischier. Et bientôt… Filip Zadina!

Je suis convaincu que les amateurs de hockey à Shawinigan vont toujours garder une place importante dans leur tête et dans leur cœur pour le russe Anton Zlobin, lui qui a marqué le but gagnant des Cataractes en prolongation lors de la finale de la Coupe Memorial de 2012.

À Québec, l’amour et la fierté de voir Alexander Radulov connaître du succès dans la LNH sont évidents. Et je ne parle pas uniquement des performances sur la patinoire, ces joueurs deviennent aussi de très bons ambassadeurs pour leurs anciennes équipes, et pour le hockey junior canadien en général.

Bref, les joueurs européens représentent une plus-value dans la Ligue Canadienne de Hockey et je souhaite que cette association se poursuive encore longtemps. Il peut y avoir quelques embuches de temps à autres, mais avec 18 formations dans la LHJMQ ces européens rendent le produit meilleur. Et ce n’est pas vrai qu’un jeune québécois, ou même un joueur natif des maritimes, est privé d’une place dans la LHJMQ parce qu’on utilise 36 joueurs européens par saison.

 



Kucherov en route vers l’histoire

par Philippe Germain – 19 janvier, 2018

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La domination du Lightning de Tampa Bay cette saison dans la LNH fait les manchettes et plusieurs voient déjà cette équipe compétitionner pour la Coupe Stanley le printemps prochain.

Cette équipe est particulièrement bien nantie d’anciens de la LHJMQ; on y retrouve notamment Cédric Paquette (Blainville-Boisbriand | 2011-2013), Ondrej Palat (Drummondville | 2009-2011), Yanni Gourde (Victoriaville | 2008-2012) et surtout, le très talentueux Nikita Kucherov (Québec, Rouyn-Noranda | 2012-2013).

L’habile ailier originaire de Moscou a passé la majeure partie de ses années juniors dans sa Russie natale avant d’être réclamé par le Lightning de Tampa Bay en deuxième ronde, 58e au total, lors du Repêchage de la LNH de 2011. Mais avant de rejoindre les rangs professionnels nord-américains, plusieurs sont ceux qui oublient que Kucherov est passé par la LHJMQ.

C’est à la suite d’une décision éclairée, lui assurant une immersion au style de jeu du hockey nord-américain, que Kucherov est venu jouer quelques matchs de la saison 2012-2013 avec les Remparts de Québec. Rappelons que ce sont les Remparts qui avaient mis la main sur ses droits, eux qui l’avaient réclamé au 43e rang du Repêchage international de la LCH en 2012.

Malheureusement pour les partisans de Québec, son passage dans la vieille capitale aura été bref; à l’aube des séries éliminatoires, il sera échangé aux Huskies de Rouyn-Noranda.

Dans cette transaction à trois équipes, Québec s’était retrouvé avec un choix de deuxième ronde en 2013 (le défenseur américain, Noah Hanfin) et le premier choix international de Sherbrooke en 2014 (l’attaquant russe, Vladislav Kamenev). Il s’agira au bout du compte de deux joueurs qui n’ont jamais joué dans la LHJMQ, mais ça, c’est une autre histoire…

En 33 matchs de saison régulière dans la LHJMQ, Kucherov a amassé 63 points, dont 29 buts. Puis, il a ajouté 24 points en 14 matchs de séries éliminatoires. C’est là un total de 87 points en 47 matchs, bon pour une moyenne de 1,85 points par match! Kucherov était donc certainement un candidat pour le prix « Court, mais ô combien intense »!

Mais pourquoi tout cela est-il pertinent?

Alors qu’il est actuellement en lutte pour le championnat des marqueurs de la LNH, Kooch est en voie d’inscrire son nom parmi quelques grands de la LHJMQ. C’est vrai, l’attaquant russe n’est pas le joueur traditionnel qui a grandi dans le hockey mineur du Québec ou des Maritimes. Il n’a même pas joué une saison complète dans la LHJMQ! Mais, chose certaine, il a démontré comment la LHJMQ pouvait être un tremplin efficace entre l’Europe et la LNH.

Si Kucherov devait remporter le trophée Art Ross à la fin de la saison, il deviendrait le premier ancien de la LHJMQ à réaliser l’exploit depuis Sidney Crosby (2007 et 2014), et se retrouverait aux côtés de deux autres géants du circuit Courteau : Mario Lemieux et Guy Lafleur.

Après un parcours avec les Voisins de Laval dans lequel il a établi plusieurs records de la LHJMQ, Super Mario a remporté six trophées Art Ross, à une seule conquête du record de Wayne Gretzky (7) à ce chapitre.

Mais le tout premier ancien de la LHJMQ à remporter le championnat des marqueurs de la LNH est le Démon Blond. Lui qui a fait la pluie et le beau temps avec les Remparts de Québec, Lafleur a remporté le trophée Art Ross à trois occasions avec les Canadiens de Montréal au cours des années 1970.

Et si Kucherov réussit l’exploit d’inscrire son nom sur le trophée Art Ross, c’est vers un autre trophée remporté par les trois mêmes anciens de la LHJMQ qu’il pourra tourner les yeux; soit vers la Coupe Stanley!



La meilleure édition de leur histoire?

par Raynald Cloutier – 16 janvier, 2018

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Le Titan d’Acadie Bathurst vit présentement sa 20e année d’existence dans la LHJMQ.

Faisant son arrivée dans la LHJMQ en 1998, le Titan a participé au tournoi de la Coupe Mémorial dès sa première saison en Acadie. Une participation survenue à la suite d’une victoire lors du septième match  de la finale qui les opposait aux Olympiques de Hull.

Il s’agissait d’une équipe dirigée par Roger Déjoie qui pouvait compter sur un gardien de but de grand talent en Roberto Luongo. En défensive, ce sont les François Beauchemin, Jonathan Girard et un jeune Danny Groulx qui patrouillaient la ligne bleue.

En attaque, les Mathieu Benoit, Martin Fillion, Gregor Baumgartner et Ramzi Abid étaient à l’avant-plan d’une offensive bien balancée. Malgré tous les morceaux en place, le Titan n’a malheureusement pas remporté un seul match du tournoi de la Coupe Memorial de 1998.

Et depuis, il n’y est jamais retourné.

Mais vingt ans plus tard, je crois dur comme fer que le Titan d’Acadie-Bathurst aligne présentement la meilleure formation de son histoire, incluant l’édition de cette fameuse saison de 1998-1999. Le directeur général du Titan, Sylvain Couturier, a été très actif lors de la dernière période de transactions et a ajouté des éléments importants à une équipe déjà bien nantie.

L’ajout du vétéran défenseur Olivier Galipeau permet au Titan de compter sur un Top 3 impressionnant. Il se joint à Adam Holwell, un autre défenseur âgé de 20 ans qui est très fiable à sa cinquième saison dans la LHJMQ, et le joyau de cette organisation, soit le défenseur de deuxième année, Noah Dobson.

Dobson n’est rien de moins qu’un joueur exceptionnel. Lui qui est éligible au repêchage de la LNH en juin prochain est déjà un des meilleurs joueurs de la ligue, et ce même s’il vient tout juste d’avoir 18 ans.

En offensive, les acquisitions du russe German Rubtsov et des attaquants Mitchell Balmas et Samuel Asselin ajoutent de l’expérience (il s’agit de trois joueurs de 19 ans) et surtout, de la profondeur.

On ne peut bien entendu ignorer le meilleur marqueur de l’équipe, soit l’excellent Antoine Morand. Un joueur de centre âgé de 18 ans et un choix de deuxième ronde des Ducks d’Anaheim dans la LNH, il en est à sa troisième saison dans le circuit Courteau et tente de conclure une troisième saison dans laquelle il aura cumulé plus d’un point par match.

Impossible aussi d’ignorer le vétéran et actuel capitaine de la franchise, Jeffrey Truchon-Viel, qui est quant à lui en route vers une troisième saison consécutive avec 30 buts ou plus. Son talent et son leadership en font un élément clé de la franchise d’Acadie-Bathurst.

Par contre, si je poursuis ma comparaison avec l’édition du Titan de la Coupe Memorial de 1999, c’est devant le filet qu’il y a un point d’interrogation. Le duo Fitzpatrick-Murdaca pourra-t-il mener le Titan aux grands honneurs? Les gardiens n’ont certainement pas besoin d’être aussi dominant que Luongo l’était, mais s’ils sont capables de faire les arrêts aux moments opportuns, le Titan fera un bon bout de chemin.

L’entraîneur-chef Mario Pouliot compte enfin sur une formation qui peut aspirer aux grands honneurs et, bien qu’ils ne soient pas les seuls, ils sont certainement une équipe à surveiller d’ici la fin de la saison.

Et bien que le Titan n’a pas atteint le carré d’as de la ligue depuis l’année 2006, il y a fort à parier qu’il y sera de retour cette saison!

 



Serré comme un habit de neige après un souper du Réveillon

par Philippe Germain – 8 janvier 2018

BlogTisserSerrer

La parité. Toutes les ligues recherchent la recette secrète pour l’obtenir, peu importe le sport.

Et en ce dernier tiers de la saison 2017-2018, le concept de parité semble être tout simplement redéfini dans la LHJMQ…

Un coup d’œil au classement général et les plus claustrophobes parmi nous commencent à voir des étoiles. Pour cause, après les matchs du 7 janvier, seulement huit points séparent les Mooseheads de Halifax des Remparts de Québec, respectivement au premier et neuvième rang.

Ça les amis, c’est serré comme un habit de neige après un souper du Réveillon en famille.

Voici un rappel des meneurs du circuit, en date d’aujourd’hui : 1-Halifax (57 points), 2-Blainville-Boisbriand (56 points), 3-Rimouski (54 points), 4-Drummondville (56 points), 5-Rouyn-Noranda (55 points), 6-Charlottetown (50 points), 7-Gatineau (50 points), 8-Acadie-Bathurst (50 points) et 9-Québec (49 points).

Vous avez donc compris que cette saison s’annonce de loin comme une des plus compactes au classement depuis les 20 dernières années! Il est certain que la situation peut complètement changer d’ici la fin de la saison, mais peu importe, on aura droit à un dernier tiers de saison du tonnerre.

Pour mettre les choses en perspective, depuis la saison 1997-1998, l’écart moyen entre les équipes de première et de neuvième place au classement général est de 31 points à la fin de la campagne.

Au cours de cette même période, le classement le plus dense entre la première et la neuvième place remonte à 2007-2008, alors que les Huskies de Rouyn-Noranda de l’entraîneur-chef André Tourigny ont remporté le trophée Jean Rougeau avec une récolte de 97 points. En neuvième position se retrouvaient alors les MAINEiacs de Lewiston et leur gardien Jonathan Bernier, eux qui avaient amassé 81 points, bon pour un écart de 16 points avec la tête.

Ensuite, on doit considérer la saison 2013-2014, alors que le Drakkar de Baie-Comeau de Charles Hudon avait conclu en tête avec 99 points, soit 21 points devant les Screaming Eagles du Cap-Breton, au neuvième rang.

Quant à l’écart le plus important des 20 dernières années? Il faut remonter à la saison 2000-2001 quand les Cataractes de Shawinigan, qui comptaient alors dans leurs rangs les Jason Pominville, Marc-André Bergeron et Radim Vrbata de ce monde, ont filé en tête avec une récolte explosive de 116 points. Au neuvième rang se retrouvaient à l’époque Marc-André Fleury et le Cap-Breton avec 65 points, soit 51 points derrière les champions du calendrier régulier.

On a pu remarquer une autre différence énorme en 2010-2011 quand les Sea Dogs de Saint John et un certain Jonathan Huberdeau ont amassé 119 points, soit 43 de plus que les Wildcats de Moncton au neuvième rang.

Comme les cyclistes du Tour de France, les prochaines étapes marquant le dernier tiers de la compétition vont possiblement voir certaines équipes tenter une échappée, fortes de nouvelles acquisitions lors de la période des transactions. Mais il y en aura d’autres qui s’essouffleront et glisseront hors du groupe de tête, et d’autres encore qui pourraient y aller d’un soubresaut et accéder à la course…aux séries!

Chaque match prend ainsi de la valeur au classement et devient un rendez-vous à ne pas manquer, que ce soit à la télévision, à la radio, sur le Web ou, encore mieux, dans les estrades! Faites vite pour assister à un des nombreux rendez-vous d’ici la fin de la saison…question de pouvoir un jour raconter que vous avez été témoin d’une saison historique!

 



Alex Barré-Boulet, sera-t-il le prochain?

par Raynald Cloutier – 12 décembre, 2017

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Alex Barré-Boulet domine présentement la colonne des marqueurs de la LHJMQ. Le vétéran de 20 ans de l’Armada de Blainville-Boisbriand s’est réellement mis en marche au milieu du mois d’octobre.

Après un début de saison un peu lent (3 points à ses 6 premiers matchs), il a récolté une passe dans un revers de 5-2 à Rouyn Noranda et, depuis ce temps, il a inscrit au moins un point par match. Sa séquence en est maintenant à 22 matchs consécutifs avec au moins un point!

Et ce qui est encore plus remarquable dans le jeu de Barré-Boulet est le moment où il marque ses buts, lui qui compte déjà 9 buts gagnants cette saison. Des hommes de hockey qui le connaissent bien me disent qu’il aime faire la différence. Voilà une qualité difficile à trouver et surtout qui lui permet de se démarquer!

Alors que certains joueurs étouffent sous la pression ou dans les moments importants, d’autres carburent à cette adrénaline. Et évidemment, les équipes gagnantes sont composées plus souvent qu’autrement de joueurs de la trempe de Barré-Boulet.

À sa quatrième saison dans la LHJMQ, ce jeune homme natif de Montmagny complètera son stage junior cette saison. Acquis dans une transaction avec les Voltigeurs de Drummondville l’an passé, Barré-Boulet a ensuite terminé la saison en force en s’avérant être l’un des meilleurs joueurs de l’Armada lors des séries de 2017.

En 20 matchs, il a récolté un total de 31 points dont 14 buts, un sommet au cours des séries du printemps dernier dans la LHJMQ. Il a ainsi terminé au 2e rang des meilleurs marqueurs, un point seulement derrière Mathieu Joseph des champions en titre, les Sea Dogs de Saint John.

Barré-Boulet se dirige actuellement vers une saison de 50 buts et de plus de 100 points s’il continue à produire au même rythme. Et il le fait avec une équipe bien nantie qui risque à nouveau de jouer très longtemps au printemps prochain.

Et qu’on le veuille ou non, le jeu dans les séries éliminatoires est plus important aux yeux des dépisteurs de la LNH. En plus que ses 26 buts gagnants en carrière dans la LHJMQ représentent déjà une carte de visite intéressante.

Exemples 

Les belles histoires inspirantes sont nombreuses ces dernières années dans la LHJMQ. Des joueurs qui ont persévéré et qui ont fini par vivre le rêve de jouer dans ce que plusieurs appellent le « show » (la LNH). Que l’on pense à David Desharnais, Jonathan Audy-Marchessault, Yanni Gourde, Paul Byron, etc… Ce sont là des joueurs au petit gabarit, mais acharnés au travail et qui aujourd’hui, non seulement jouent dans la LNH, mais occupent d’importants rôles au sein de leurs équipes respectives.

Mais le plus bel exemple de motivation pour Alex Barré-Boulet demeure son bon ami Samuel Blais (ou Sammy Blais, pour les américains). Deux fois retranché au niveau Midget AAA, choisi en 8e ronde dans la LHJMQ et ensuite en 6e ronde du repêchage de la LNH, Blais a gravi tous les échelons. Il y a quelques semaines, il a même marqué son 1er but dans la LNH dans l’uniforme des Blues de St-Louis. Tout comme Barré-Boulet, Blais est un natif de Montmagny et les deux ont joué ensemble souvent.

Choisi en 6e ronde par Drummondville en 2013, Barré-Boulet n’a quant à lui jamais été repêché par une équipe de la LNH. Il a cependant pris part au camp des recrues des Kings de Los Angeles en 2016, et à celui des Golden Knights de Las Vegas l’été dernier.

Alex Barré-Boulet sera-t-il le prochain à greffer son nom à la liste de joueurs ci-haut mentionnés? Tout ce qu’il doit continuer de faire est ce qu’il aime tant, c’est-à-dire faire la différence.



« Junior et Majeur », millionnaire au grand écran

par Philippe Germain – 8 décembre 2017

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Je suis allé voir le film « Junior et Majeur » au début de sa deuxième semaine de sortie au cinéma. Bon signe, la salle était pleine, surtout des adolescents et des jeunes familles qui ont probablement fait partie des plus de 232 000 cinéphiles qui ont vu la première partie du film, « Les Pee-Wee 3D » en 2012.

Déjà après 11 jours en salle, « Junior et Majeur » est millionnaire au chapitre des recettes, soit un de seulement trois longs métrages québécois à avoir atteint ce plateau en 2017, après « Bon Cop, Bad Cop 2 » et la coproduction franco-canadienne d’animation « Ballerina ».

Pour vous illustrer la situation et la mettre en contexte, il y a pratiquement autant de personnes qui ont assisté à ce nouveau film en une dizaine de jours qu’il y a eu de spectateurs aux matchs des Remparts de Québec au Centre Vidéotron lors des 10 premières semaines du calendrier régulier 2017-2018.

Ça messieurs, dames, ça s’appelle de la visibilité de produit « en s’il-vous-plait ».

Par ailleurs, on peut croire que la grande majorité de ces entrées au cinéma ont été enregistrées dans la grande région de Montréal et extrapoler davantage qu’un grand nombre de ces personnes n’ont jamais assisté à un seul match de la LHJMQ en personne.

Sans révéler trop de détails sur le scénario, l’histoire tourne autour d’une paire de joueurs des Saguenéens de Chicoutimi et on y voit plus tard plusieurs apparitions des Huskies de Rouyn-Noranda, notamment à l’occasion d’une confrontation des deux équipes en séries éliminatoires.

Le Centre Dave Keon et le Centre George Vezina (où, que vois-je, est accroché une bannière de champion de la Coupe Memorial!), y sont notamment bien en vue, tout comme le logo de la ligue.

Imaginez si seulement 10 % des personnes qui ont vu le film vont plus loin et se mettent à suivre les activités de la LHJMQ sur le Web ou à la télévision, ou bien qu’ils demandent un chandail ou une casquette des Huskies ou des Saguenéens.

Peu importe, ce sera une retombée directe pour la ligue.

Pour ce qui est du film en soi, je vous laisse aller le voir et vous faire une tête à savoir si vous aimez ou non. Les thématiques abordées permettront certainement aux parents d’avoir des discussions avec leurs ados, ce qui n’est pas non plus une mauvaise chose.

Contrairement à une autre série à venir qui portera aussi sur le hockey junior au Québec, la production du film « Junior et Majeur » a accepté de soumettre son scénario à la direction de la LHJMQ et d’y apporter quelques modifications suggérées, notamment en faisant valoir le programme d’aide aux joueurs qui font face, comme les protagonistes du film, à des situations corsées.

J’ai entendu quelques gouverneurs d’équipe dire qu’ils étaient heureux que ce film ne soit pas une parodie sur l’ensemble de l’œuvre.

Je leur répondrai, sourire en coin, que j’ai bien ri lors de quelques scènes de matchs dans le film. Notamment quand on voit les défenseurs de l’Armada et des Olympiques se faire contourner comme des cônes orange, considérant que les formations de Blainville-Boisbriand et de Gatineau figurent parmi les cinq meilleures défensives du circuit cette saison au chapitre des buts accordés.



Entraîneur-chef, un métier en constante évolution

par Raynald Cloutier – 28 novembre, 2017

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Le métier d’entraîneur-chef dans la LHJMQ a beaucoup évolué au fil des ans, tout comme l’a fait le hockey. Les changements se font de façon progressive, et c’est l’évolution de l’athlète qui est souvent à l’origine de l’évolution du sport. Même si la nature du jeu demeure la même, le joueur d’hockey s’est quant à lui transformé au cours des ans.

Plus grand, plus gros et plus rapide, le hockeyeur d’aujourd’hui joue un style différent de celui des décennies précédentes. Et en parallèle à toute cette évolution, le joueur de hockey – comme le citoyen dans la vie de tous les jours – est mieux informé, et mieux entrainé. On n’agit donc pas avec les jeunes joueurs d’aujourd’hui de la même façon qu’on le faisait dans les années 70, 80 ou 90.


Communiquer

Le hockey junior n’échappe pas à la communication bien sûr. L’aspect le plus différent, à mon humble avis, est la façon de communiquer avec les joueurs d’âge junior.

Les joueurs sont aussi compétitifs que dans le temps, mais on ne s’y prend pas de la même façon. À l’époque, la voix de l’entraîneur se faisait entendre et les joueurs exécutaient. De nos jours, l’autorité doit encore s’installer, c’est primordial, mais il y a beaucoup plus de communication entre les joueurs et leurs entraîneurs.

Le rôle du coach a beaucoup évolué; les agents, les parents et les joueurs sont impliqués chacun à leur manière et l’entraîneur essaie de répondre aux attentes de tous. Mais son but principal demeure de faire progresser au maximum l’équipe, et chaque individu dans le groupe.


Adjoints

Les entraîneurs-chefs aiment bien impliquer leurs adjoints dans le quotidien de l’équipe puisqu’ils sont de plus en plus qualifiés. De toute façon, une équipe de hockey junior ne se gère plus à un seul homme, c’est impossible. Impliquer les adjoints permet à ces derniers de prendre de l’expérience, et d’être mieux se préparer à éventuellement occuper un poste d’entraîneur-chef.


Profil

Une compilation rapide des profils de chaque entraîneur-chef de la LHJMQ permet les conclusions suivantes. En moyenne, il est âgé de 43 ans, occupe son poste actuel depuis trois ans et demi, et compte près de cinq ans d’expérience comme entraîneur-chef dans la « Q ».

Présentement, 11 des 18 entraîneurs sont âgés dans la quarantaine, trois autres ont 50 ans ou plus, et quatre sont toujours dans la trentaine. Le plus jeune entraîneur-chef de la ligue est Josh Dixon des Sea Dogs de Saint John (34 ans), et le patriarche du groupe est Mario Durocher des Foreurs de Val-d’Or (54 ans). D’ailleurs, Durocher est maintenant à quelques victoires de sa 500e en carrière.


Stabilité

On retrouve une certaine stabilité dans le groupe d’entraîneurs-chefs de la LHJMQ. Cette saison, on compte seulement deux entraîneurs recrues (Dan Renaud et Josh Dixon), alors que plus de la moitié des équipes comptent sur le même entraîneur depuis plus de quatre ans. En termes de hockey, c’est un brin est au-dessus de la moyenne pour ces derniers.

Une chose est certaine pour moi, la LHJMQ compte sur un excellent groupe d’entraîneurs-chefs et on retrouve souvent dans leurs ombres des adjoints de grande qualité. Tantôt stratèges, tantôt confidents, tantôt autoritaires et souvent exigeants, ils ont tous à cœur le succès des jeunes et de leurs équipes.



Alexis Lafrenière : officiellement dans la cour des grands !

par Andre Ouellet – 27 novembre, 2017

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Lors du dernier repêchage de la LHJMQ, il ne faisait aucun doute qu’Alexis Lafrenière allait être le premier de classe. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le nouveau #11 de l’Océanic de Rimouski pourrait vivre un scénario similaire lors du repêchage de la LNH.

Étant considéré comme un « late », Lafrenière devra attendre une saison de plus que les Samuel Poulin, Jakob Pelletier et Xavier Parent avant d’être repêché au niveau de la LNH.  Les trois jeunes patineurs connaissent eux aussi des débuts fracassants dans la LHJMQ après avoir été sélectionnés immédiatement après Lafrenière au dernier repêchage.

C’est donc dire que le spectaculaire attaquant aura la chance de parfaire son développement une saison de plus chez l’Océanic, eux qui sont en terrain connu après avoir développé des joueurs tels Vincent Lecavalier, Brad Richards et Sidney Crosby.

D’ailleurs, j’avais envie de comparer leurs statistiques à celles de Lafrenière, qui connait des débuts étincelants dans la « Q ». En 19 parties jusqu’à présent, le jeune attaquant natif de St-Eustache a récolté 25 points, soit une moyenne de point par match (PPM) de 1,32.

Voici les statistiques des trois autres joueurs étoiles suite à leur toute première saison dans la LHJMQ :

  • Vincent Lecavalier : 64 PJ – 102 PTS – 1,59 PPM
  • Brad Richards : 68 PJ – 115 PTS – 1,69 PPM
  • Sidney Crosby : 59 PJ – 139 PTS – 2,36 PPM

Évidemment, plusieurs facteurs viennent à la défense de Lafrenière au sujet de ces statistiques.

Premièrement, les statistiques de Lafrenière ont été prélevées à la suite de ses 19 premières parties en carrière. Donc, en considérant qu’il deviendra de plus en plus à l’aise sur la patinoire et que son temps de jeu n’ira qu’en augmentant, on pourrait prétendre que sa moyenne sera elle aussi rehaussée d’ici la fin du calendrier régulier.

Deuxièmement, nous serons tous d’accord que le hockey a changé et qu’il se marque beaucoup moins de buts aujourd’hui qu’à l’époque. J’ai d’ailleurs demandé à Kevin Dubé, journaliste sportif au Journal de Québec, ce qu’il pensait de Lafrenière :

« Peu de joueurs ont suscité autant d’engouement qu’Alexis Lafrenière à leur première année dans la LHJMQ, et avec raison », dit-il. « Le jeune attaquant fait déjà partie des meilleurs joueurs du Circuit Courteau. Ses habiletés sur la patinoire sont indéniables, mais il affiche également une maturité hors du commun, autant sur qu’en dehors de la surface glacée. Il aurait toutes les raisons au monde d’avoir la grosse tête, mais il n’en est rien. »

« La LHJMQ est à la recherche depuis plusieurs années d’une vedette locale qui pourra attirer les foules d’un peu partout à travers le circuit, et Lafrenière le fera jusqu’en 2020, soit son année d’admissibilité au repêchage de la LNH », ajoute-t-il.

Parlant de cette cuvée de 2020, il est évidemment très tôt pour avancer une telle chose, mais je me contenterai de mentionner qu’il serait fort possible de voir Alexis Lafrenière être le premier à monter sur le podium. Si je suis capable de vous dire avec confiance que Rasmus Dahlin sera le premier à le faire en 2018, et que Jack Hughes sera le premier de classe en 2019, et bien je suis aussi capable d’imaginer que l’histoire de Lafrenière pourrait bien être écrite avec le même genre de scénario.

Le fait qu’il disputera une saison de plus dans la LCH lui donnera une couverture médiatique extrêmement importante et un bagage supplémentaire. Auston Matthews était dans la même situation que Lafrenière et aurait probablement été sélectionné après Connor McDavid et Jack Eichel lors de l’encan 2015. Mais le scénario a été bénéfique pour le #34 des Maple Leafs, lui qui est rapidement devenu le Roi incontesté de la cuvée de 2016.

Est-ce qu’Alexis Lafrenière aura la chance de vivre une telle histoire ? Contentons-nous actuellement de mentionner que oui, ce serait très possible que l’on puisse voir un Québécois être repêché au tout premier rang et ce, 17 ans après que Marc-André Fleury l’ait fait en 2003.

Une chose est certaine, le spectaculaire numéro 11 de l’Océanic de Rimouski a tout pour réussir. Lafrenière possède un coup de patin extrêmement puissant et très dynamique ; son explosion lui permet de créer énormément de chances de marquer lors d’une rencontre. Sa vision de jeu est déjà au-dessus de la moyenne des joueurs de son âge, et son lancer du poignet sera une arme redoutable dans le futur.  Sa combativité lui permettra de dominer ses adversaires et, ce que j’aime le plus de lui, c’est qu’il semble avoir une tête sur les épaules. Et pour des joueurs d’impact comme lui, il s’agit d’un outil qu’il ne faut pas sous-estimer. Les joueurs comme Matthews, McDavid et Crosby sont des joueurs extrêmement intelligents et c’est cette intelligence qui leur permet de se démarquer dans des moments un peu plus difficiles.

On condamne souvent le hockey québécois de ne pas produire assez de vedettes pour la LNH, mais sachez que si les astres sont bien alignés, il pourrait avoir réussi à produire un joueur exceptionnel qui pourrait un jour connaître beaucoup de succès dans la LNH.

Je le dis avec confiance, Alexis Lafrenière est l’un des meilleurs joueurs de 16 ans que j’ai eu la chance de voir évoluer!



Sébastien Goulet : La Voix Junior

par Philippe Germain – 20 novembre, 2017

SebastienGoulet

Charles Lafortune ne le connait peut-être pas. Alex Nevsky, Marc Dupré et Marie-Mai ne se sont jamais retournés dans une audition à l’aveugle pour lui. Mais n’en demeure pas moins que depuis six ans, il est La Voix Junior du Québec.

D’accord, il a passé l’âge de participer à ce concours de chant qui vient de conclure sa deuxième saison sur les ondes du réseau TVA et, honnêtement, on ignore tout de son talent à pousser la note. Mais comme descripteur des matchs de la LHJMQ à MAtv et à TVA Sports, Sébastien Goulet s’est établi comme La Voix (du hockey) Junior.

« Ce qui m’allume le plus dans mon travail c’est qu’on voit l’avenir et que c’est perpétuel », dit-il d’entrée de jeu. « J’ai pu voir des gars dont je décrivais les matchs en 2012-13 connaître déjà de belles carrières dans la LNH. C’est de voir que l’avenir est prometteur pour autant d’athlètes. »

« C’est sûr que ce n’est pas tout le monde qui parvient à la Ligue nationale [de hockey]. Certains vivent entre l’âge de 16 et 20 ans les plus belles années de leur parcours de hockey. Avoir la chance de transmettre ces histoires-là aux gens – car c’est ce que je fais avant tout, je raconte les progrès de ces personnes au fil des années – [est un privilège]. Puis, quand je les retrouve en décrivant des matchs de la LNH, je peux raconter que j’ai croisé ce gars-là à Shawinigan, ou Victoriaville. »

Comme un joueur qui fait ses classes dans l’espoir de passer au niveau supérieur, Sébastien Goulet accumule lentement, mais sûrement, un bagage de connaissances et d’expériences qui fera éventuellement de lui un incontournable comme descripteur de rencontres sportives. Déjà ses patrons à TVA Sports l’utilisent pour des matchs de la LNH, ce qui le garde pratiquement cloué au studio quand arrive le temps des séries éliminatoires au printemps.

Le match de la LHJMQ qu’il a préféré décrire depuis le début de son parcours? Le septième match de la finale de la Coupe du Président, remporté à la maison par l’Océanic de Rimouski, en deuxième prolongation, sur les Remparts de Québec.

L’endroit où il apprécie le plus travailler? Plus c’est loin de Montréal, mieux c’est! « On ne va pas souvent en Abitibi, sur la Côte-Nord ou encore à Rimouski, mais quand on y va, les gens sont heureux de nous voir là. On sent qu’ils nous suivent et nous apprécient. »

S’il y a un amphithéâtre où il accepterait de faire tous ses matchs, lequel serait-il? « Je vais surprendre les gens, mais notre meilleur point de vue est présentement à Gatineau. On est tellement près de la patinoire. »

Globe-trotteur à ses heures, Goulet connaîtra une pause olympique encore cet hiver alors qu’il retournera à ses premièrs amours, comme annonceur maison aux Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud. Il s’agira de ses quatrièmes Jeux d’hiver et de ses cinquièmes au total, si l’on ajoute son travail à la boxe et à l’haltérophilie lors des Jeux d’été de Rio en 2016.

Ne vous surprenez donc pas d’entendre sa voix à Radio-Canada ou à RDS en février, lors de la retransmission des matchs du tournoi de hockey.

Son rêve? « Je fais déjà 80 matchs de LNH par année en studio à TVA Sports. Suivre une équipe dans ses activités quotidiennes pendant une saison me plairait. L’objectif ultime pour moi serait de décrire un match de hockey au tournoi olympique. »

Qui sait, Sébastien Goulet, imitera-t-il Charles Hudon et Sidney Crosby en passant de la LHJMQ à la LNH à temps complet? Saura-t-il devancer les Charles Kardos et Sydney Lallier, en passant de la Voix Junior à la Voix (du hockey) des grands?



Saisir l’occasion

par Raynald Cloutier – 14 novembre, 2017

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Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Par contre une carrière junior n’est pas éternelle, bien au contraire, elle passe très rapidement.

Avoir du talent est une chose, mais savoir l’exploiter en est une autre. Et pour différentes raisons, certains joueurs ne réussissent pas à exploiter leur talent au maximum.

Parfois, ils sont les grands responsables de cette réalité, mais il arrive aussi des histoires où les circonstances et les évènements ne se déroulent tout simplement pas à leur avantage. Dans ce dernier cas, un changement d’air et d’encadrement peut être salutaire, encore faut-il réussir à en profiter.

Grandir

Au cours de sa carrière junior, un joueur passe de l’adolescence à l’âge adulte. Entre 16 ans (parfois même 15 ans) et 20, parfois 21 ans, un joueur de la LHJMQ passe de recrue à vétéran. Il se découvre comme individu, comme coéquipier, comme leader.

La plupart de ces joueurs ont grandi étant parmi les meilleurs de leur groupe d’âge. Certains se sont fiés uniquement à leur talent pour avancer, d’autres ont jumelé talent et travail pour franchir les étapes les menant jusqu’au junior majeur.

Mais personne n’évolue au même rythme, et voilà pourquoi la patience et la persévérance viennent souvent bien servir les joueurs et les équipes en question.

Ceux qui n’ont pas développé une bonne éthique de travail se font rattraper tôt ou tard et le réaliser dès le départ permet souvent de rectifier la situation. Plus les bonnes habitudes sont acquises tôt, plus facilement se fait le développement.

École

La LHJMQ est une excellente école de vie à ce niveau. Il n’est pas rare de voir des joueurs y développer de bonnes habitudes de travail à force de côtoyer des individus qui les ont déjà développées.

Voilà une des plus belles choses qu’apprennent les joueurs qui passent par la LHJMQ. Malheureusement, il y en a aussi qui le réalise un peu trop tard, une fois la carrière junior terminée. Eux aussi pourront éventuellement profiter d’une bonne éthique de travail, mais probablement dans un domaine autre que le hockey junior.

Exemples

Des exemples, on en retrouve plusieurs à chaque saison de la LHJMQ. Et je dirais qu’il y en a de plus en plus. Des parcours atypiques, des joueurs qui surmontent de l’adversité (choix tardifs au repêchage, joueurs invités, joueurs échangés, etc.), on en voit régulièrement.

Martin St-Louis a servi de modèle pour les plus petits joueurs. Jamais repêché dans la LNH, il a fait son chemin jusqu’à la finale de la Coupe Stanley. On peut aussi penser à Yanni Gourde, David Desharnais ou Jonathan Audy-Marchessault, qui sont d’autres joueurs québécois qui se démarquent présentement à force de travail et de ténacité.

J’ai aussi vu des joueurs profiter d’une deuxième chance dans la Q. Des joueurs tels que Claude Giroux, Paul Byron, Mike Hoffman, Charlie Coyle, Alexandre Grenier et j’en passe. Ils ont tous su profiter d’une deuxième chance pour exploiter leur talent et atteindre les plus hauts sommets du monde du hockey.

Cette saison, quelques joueurs chez les Remparts semblent vouloir saisir cette 2ème chance. Dereck Baribeau, Benjamin Gagné, Sam Dunn et Luke Kirwan contribuent tous au succès des Diables Rouges présentement.

Je ne dis pas qu’ils vont tous atteindre la LNH, mais pour le moment ils réussissent à exploiter leur talent au maximum. C’est donc possible pour eux de saisir l’occasion, il suffit d’y croire.



Les Mooseheads, le modèle à suivre dans la LHJMQ ?

par Andre Ouellet – 9 novembre, 2017

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On parle souvent de développement lorsqu’on parle de la Ligue de hockey junior majeur du Québec et avec raison puisque la LHJMQ demeure une ligue axée sur le développement. Qu’on le veuille ou non, le Circuit Courteau a comme mission principale de former ses joueurs dans le but ultime de les voir évoluer dans la Ligue nationale.

À chaque saison, les Mooseheads d’Halifax semblent être sur cette même mission. Cette année n’en fait pas exception. La tradition est à présent bien établie à Halifax et je vous avoue avoir un immense respect pour ce que cette formation a accompli en matière de développement au cours des dernières années.

Les plus négatifs diront que les Mooseheads bénéficient de meilleures ressources que les autres, mais moi, je préfère voir le côté positif de la chose puisque, malgré leurs grandes ressources, ils auraient très bien pu échouer dans leur mission. Mais bien au contraire, ils sont plutôt devenus un exemple pour les autres formations du circuit.

Qu’on pense à Jean-Sébastien Giguère, Pascal Leclaire, Alex Tanguay, ou à Jakub Voracek, ils ont tous marqué le passé des Mooseheads en devenant de fiers représentants de la formation des Maritimes dans la LNH.

Aujourd’hui, on ne peut passer sous silence les Martin Frk, Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin, Zachary Fucale, Nikolaj Ehlers, Timo Meier, MacKenzie Weegar et Nico Hischier qui représentent fièrement cette belle organisation et qui sont devenus les porte-étendards du moment.

Dans cette même lignée, les Mooseheads alignent une formation bien spéciale cette année et comptent dans leurs rangs certains joueurs qui pourraient cogner de façon sérieuse à la porte de la LNH dans un futur rapproché.

Filip Zadina est le cœur et l’âme de cette offensive explosive et avait déjà récolté 29 points en 19 parties au moment d’écrire ces lignes. Zadina pourrait très bien imiter Nico Hischier qui a été le tout premier choix de l’encan 2017 de la LNH. La lutte sera féroce pour Zadina, mais s’il poursuit sur cette lancée, il fera assurément partie des conversations finales en juin prochain.

La formation des Maritimes pourrait même voir trois autres de ses porte-couleurs être sélectionnés en première ronde si les astres sont évidemment bien alignés. Benoit-Olivier Groulx est un attaquant extrêmement habile qui est en voie de devenir un joueur de centre extrêmement complet.

Pour ce qui est du défenseur Jared McIsaac, il possède aussi tous les outils nécessaires pour entendre son nom être prononcé lors de la première ronde. De son côté, l’imposant Alexis Gravel sera assurément parmi les meilleurs gardiens disponibles lors du repêchage de 2018.

À défaut d’avoir été initialement repêché, le capitaine actuel des Mooseheads Maxime Fortier vient de conclure une entente professionnelle avec les Blue Jackets de Columbus le weekend dernier. Extrêmement combattif et très habile en offensive, Fortier me rappelle drôlement Jonathan Marchesseault.

Ce dernier jouait un style de jeu très similaire à celui de Fortier chez les Remparts, un style qui lui a permis de déjouer tous les pronostics puisque Marchesseault fait maintenant partie du noyau des Golden Knights de Vegas après avoir marqué 30 buts la saison dernière. Comme quoi le repêchage n’est pas toujours une science infuse…

Sélectionnés lors de la première ronde du dernier encan de la LHJMQ, Xavier Parent et Justin Barron retiennent déjà l’attention après avoir contribué immédiatement dans les succès de l’équipe. On les amène dans une situation où ils seront immédiatement capables de tirer leur épingle du jeu et ce, sans trop leur mettre de pression.

C’est de cette façon que la tradition est en mesure de se poursuivre pour la formation qui deviendra assurément une puissance dans la LHJMQ très prochainement.

Les Moosheads d’Halifax sont-ils un modèle à suivre pour les autres formations ? Absolument !



Au revoir Patrice…salut Gerard!

par Philippe Germain – 3 novembre, 2017

Gallant-Bernier

Deux anciens de la LHJMQ ont marqué l’actualité sportive à leur façon au cours des derniers jours.

D’abord Patrice Bernier (Val-d’Or et Sherbrooke | 1996-1998), un des athlètes québécois les plus accomplis des 15 dernières années, a accroché ses crampons après un beau parcours de 18 saisons au ballon rond. Un parcours qui a démarré et qui s’est conclu à Montréal, avec des arrêts en Norvège, en Allemagne et au Danemark, sans compter plus d’une cinquantaine de matchs dans l’uniforme de l’équipe nationale du Canada.

À Val-d’Or, Bernier a été le meilleur marqueur chez les défenseurs des Foreurs à sa première saison en 1996-1997 (7B-27A-34P en 70 matchs), bon aussi pour le deuxième rang des marqueurs chez les défenseurs recrues du circuit cette année-là. Rappelons que les Foreurs, dirigés par Richard Martel, comptaient alors sur une équipe avec quelques futurs joueurs de la Ligue Nationale de Hockey, notamment Steve Bégin, Jean-Pierre Dumont, Jean-Luc Grand-Pierre et Roberto Luongo.

« Dans le hockey d’aujourd’hui, je suis certain qu’il figurerait parmi les bons espoirs en raison de ses habiletés en défensive », assure John Greene, actuel gouverneur du Titan d’Acadie-Bathurst, qui a dirigé Bernier dans le hockey mineur sur la Rive-Sud de Montréal et qui est toujours resté en contact avec la famille de ce dernier. Il était d’ailleurs au Stade Saputo le 22 octobre pour le dernier match de soccer de son ancien protégé.

« Son style de jeu [dans les rangs juniors] me rappelait un peu un gars comme [l’actuel porte-couleur des Canadiens de Montréal] Victor Mete, mais en plus grand. Il avait une bonne vision et un excellent tir, puis il était capable de jeu robuste dans son territoire. Selon moi, il aurait pu faire carrière dans la LNH », ajoute Greene, celui que Bernier a récemment qualifié comme étant son « père sportif ».

La LHJMQ peut tirer une certaine fierté d’avoir participé à l’évolution sportive de Patrice Bernier, un des plus grands joueurs de soccer de sa génération au Québec, voire même au Canada.

CE QUI SE PASSE À VEGAS…

Quel amateur de hockey peut rester insensible au début de saison au-delà des attentes des Golden Knights de Vegas et de leur entraîneur-chef, Gerard Gallant?

Ancien joueur (Sherbrooke, St-Jean et Verdun | 1980-1983) et entraîneur-chef (Saint John | 2009-2012) dans la LHJMQ, l’homme de hockey originaire de Summerside, sur l’Île du Prince-Édouard, fait écarquiller bien des yeux dans la LNH en misant sur un groupe de joueurs sans trop d’éclat, mais qui fait des merveilles et réécrit le livre des records comme club d’expansion dans le circuit Bettman.

Il est encore très tôt dans la saison, mais force est d’admettre que si les Golden Knights se taillaient une place en séries éliminatoires le printemps prochain, Gallant pourra commencer à faire de la place entre ses deux trophées Brian Kilrae d’entraîneur de l’année dans la LCH, pour y glisser un Jack Adams.

On verra bien. Mais en attendant, bravo Gerard, tu nous rends bien fiers!



L’équilibre

par Raynald Cloutier – 31 octobre, 2017

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Cette semaine, chaque équipe de la LHJMQ aura franchi le quart de la saison régulière.
Un coup d’œil au classement général permet de constater qu’aucune des 18 formations ne domine réellement jusqu’ici cette saison. En fait, ce sont seulement cinq points qui séparent actuellement le premier et le neuvième rang.

Parmi les équipes de tête en ce début de campagne, on retrouve les Huskies de Rouyn Noranda. J’ajouterais on retrouve encore les Huskies même. Après deux saisons à occuper une place au sommet de la pyramide (Champions en 2015-2016, et deuxièmes au classement général en 2016-2017), la logique du hockey junior voudrait que les Huskies connaissent une saison un peu plus difficile. Mais présentement, les hommes de Gilles Bouchard continuent de gagner régulièrement et sont à nouveau dans les hauteurs du classement.

La roue tourne en Abitibi alors que les vétérans quittent et les jeunes prennent la relève. C’est une situation parfaite pour une équipe de hockey junior : trouver l’équilibre dans les groupes d’âge et le conserver sont les défis les plus importants pour une organisation.

Idéalement, on aime retrouver quelques joueurs de 16 et 17 ans qui apprennent le rythme de la LHJMQ et la culture de l’organisation. Les joueurs de 19 et de 20 ans doivent quant à eux être les leaders que les jeunes peuvent regarder et suivre, autant dans les comportements positifs que négatifs. Cet équilibre, il est fragile et essentiel aux succès de l’équipe.

Mais les Huskies ont payé le gros prix avant de trouver cette stabilité. En 2010-2011, au lendemain d’une saison où ils ont été éliminés en quart de finale des séries par les Wildcats de Moncton, les Huskies ont connu la pire saison de leur histoire avec seulement 30 points au classement. Ils avaient payé cher pour faire l’acquisition des attaquants Philippe Cornet et Jordan Caron (Rimouski), ainsi que du défenseur Steven Delisle (Gatineau). Ce fut une saison marquante pour cette organisation, qui s’est bien relevé depuis.

Gagner

Bien beau ce fameux équilibre, mais lorsqu’une équipe connaît un bon début de saison et croit en ses chances, elle veut aussi tenter de s’améliorer pour continuer à progresser. Dans quelques semaines aura lieu la dernière période de transactions permises dans la LHJMQ et plusieurs équipes voudront aller chercher les éléments manquants. Mais à quel prix ?!

Il n’y a pas de secret, une équipe qui repêche bien a plus de marge de manœuvre. Laissez partir un jeune joueur prometteur est souvent ce qui vient briser l’équilibre d’une organisation. Par contre, plus l’équipe mise sur de bons jeunes joueurs, moins l’impact est grand lorsqu’elles doivent en laissez partir un. Et ce jeune devient une bonne monnaie d’échange pour l’équipe.

Moncton et Halifax ont connu des saisons très pénibles dans le passé, mais les voici de retour parmi les meilleures formations. Voudront-ils déranger la reconstruction effectuée depuis quelques années? Il en va de même avec les Remparts, pour qui les deux dernières saisons ont été difficiles. Sans rater les séries éliminatoires, leur processus de reconstruction a souffert par moments.

Mais dans tous ces cas, la roue a recommencé à tourner, et il sera intéressant de les voir manœuvrer dans un futur rapproché.



L’histoire de Girard servira à en écrire des nouvelles

par Andre Ouellet – 20 octobre, 2017

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Au moment d’écrire ces lignes, Samuel Girard a disputé trois matchs avec les Prédateurs de Nashville et il a déjà récolté trois points.

Le plus impressionnant, c’est qu’il l’a fait avec une confiance déconcertante et a même récolté la première étoile à son deuxième match en carrière dans la LNH.

L’histoire de Sam existe parce qu’il a pris la décision de travailler extrêmement fort pour pouvoir l’écrire. Mais l’histoire de Sam devra servir à en écrire d’autres dans le futur, et son histoire ne doit absolument pas tomber dans l’oubli.

Samuel et moi, on vient de la même place au Lac St-Jean. J’ai toujours su qu’il avait quelque chose de spécial en le voyant évoluer dès l’âge de 10 ans. Il était tellement dominant que c’était totalement impensable de croire qu’il n’allait pas réussir. Il a réussi aujourd’hui et il peut être fier de le crier haut et fort, mais il a dû travailler vraiment, mais vraiment fort pour arriver à le réaliser son rêve.

Voici d’ailleurs ce que le principal intéressé avait à me dire sur le sujet :

« C’est certain que mon histoire pourra aider les jeunes hockeyeurs du Québec. J’ai grandi dans une région située loin des grandes villes et c’est encore plus difficile de percer en étant loin des grands centres. Par la suite, il y avait le fait d’être un petit joueur puisque, comme tu le sais, pour certaines personnes, ça rendait le rêve impossible. Mais en tant qu’athlète, j’y ai toujours cru et les gens qui ne croyaient pas en moi m’ont énormément aidé à le réaliser mon rêve. Jamais au grand jamais durant ma vie je me suis laissé affecter par ce que ces gens-là avaient à dire sur moi. Au contraire, cela m’a toujours servi de motivation. Je voulais leur prouver que c’était possible pour un « p’tit gars du lac » de réaliser son rêve de jouer un jour dans la Ligue Nationale. La chose la plus importante dans tout ça, c’est que malgré les embuches que j’ai eues, j’ai toujours cru en moi. Et même si ce n’est pas facile par moments, lorsque tu es loin de ta famille, loin de tes amis et de tes proches, tout ça en vaut la peine aujourd’hui. Je ne regrette rien. Alors je veux juste dire aux jeunes joueurs de hockey du Québec que rien n’est impossible et que lorsque vous y croyez, de faire de la pensée positive, et de vous visualiser en train de faire ce que vous voulez faire de votre vie. Évidemment, ça ne veut pas dire que ça arrivera, mais n’arrêtez pas d’y croire, de croire en vous. Tout ça vient avec des efforts, du travail et surtout beaucoup de sacrifices de votre part et de la part de votre famille. J’ai réalisé mon rêve parce que j’y ai toujours cru. »

J’ai vu évoluer Samuel à tous les niveaux où il a joué et il a toujours été dans une classe à part. Seule l’histoire nous dira s’il sera dans une classe à part dans la LNH, mais une chose est sûre dans son cas, c’est qu’il n’arrêtera jamais de travailler pour y arriver. J’en ai côtoyé beaucoup de joueurs dans ma vie et s’il y en a un qui m’a toujours semblé être en mission, c’est bien lui. Jamais je n’ai douté de sa motivation et de sa capacité à travailler toujours encore plus fort pour arriver à atteindre la LNH. Chaque fois que je sentais qu’il n’était pas satisfait de son match, il revenait le match suivant avec une performance extraordinaire et je crois que c’est comme ça qu’il a su atteindre son niveau actuel. Il a eu la capacité de n’avoir besoin de personne pour avancer et c’est constamment lui qui s’est imposé ses propres limites.

Samuel et sa famille sont devenus des amis avec les années et lorsque la LHJMQ m’a demandé d’écrire des éditoriaux sur des sujets qui me tenaient à cœur et bien, il n’y avait aucun doute dans mon esprit que ce texte devait être le premier. Non seulement Samuel Girard est un joueur de hockey extraordinaire, il est aussi un être humain extraordinaire. Et croyez-moi, pour réussir dans la vie vous devez avoir du talent, mais vous devez aussi avoir une tête sur les épaules. Dites-vous que ce n’est pas seulement le talent qui vous aidera à réaliser votre rêve puisque ça prend aussi une solide tête pour gérer tout ce qui viendra avec.

Ce que Samuel Girard vient de faire est peut-être un petit pas pour l’homme, mais un bien grand pas pour le hockey québécois.

Sam, tu n’es pas seulement une fierté pour les gens du Saguenay Lac St-Jean, mais bien une fierté pour tous les Québécois. Merci d’être un ambassadeur exemplaire pour le hockey québécois et félicitations pour tout ce que tu as accompli, et pour tout ce que tu accompliras dans le futur.