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Série Canada-Russie: questions & réponses avec l’entraîneur-chef Dominique Ducharme
CIBC Canada/Russia Series
Vincent Ethier/LHJMQ Media

Dominique Ducharme est le nouvel entraîneur-chef des Voltigeurs de Drummondville. Il avait passé les cinq saisons précédentes à la barre des Mooseheads de Halifax, champions de la Coupe Memorial en 2013, année où Ducharme a remporté le prix Entraîneur de l’année Brian Kilrea, décerné au meilleur entraîneur de la Ligue canadienne de hockey. Cette saison, il sera l’entraîneur-chef d’Équipe Canada au Championnat mondial junior de hockey, à Toronto et Montréal.

Le Québécois natif de Joliette s’est récemment entretenu avec Willy Palov, collaborateur d’Espoirs du hockey, abordant des sujets comme la Série Canada-Russie CIBC, Équipe Canada et le Mondial junior.

Willy Palov: Comment va la vie à Drummondville? Ça doit être bien de se rapprocher de sa famille.

Dominique Ducharme: J’ai passé cinq années formidables à Halifax. La décision de partir a été très difficile, mais c’était dur de ne pas voir ma famille assez souvent. Je suis maintenant à une heure et vingt minutes de voiture de mes enfants. Je peux donc les voir beaucoup plus fréquemment, c’est super. Je suis aussi très satisfait du rendement de l’équipe à ce jour.

WP: Une période mouvementée vous attend. En plus d’être l’entraîneur-chef d’Équipe Canada au Mondial junior en décembre et en janvier, vous aviez déjà dirigé l’équipe de la LHJMQ lors de la Série Canada-Russie CIBC. Vous avez déjà vécu cette expérience et avez pris des notes. Quelles observations avez-vous faites qui pourraient vous aider comme entraîneur-chef?

DD: L’équipe russe est toujours solide. Je vais assister aux matchs dans l’Ouest et l’Ontario avant les affrontements avec notre ligue, ce qui me permettra de connaître un peu mieux mes adversaires. Les Russes sont costauds, robustes et doués. Il faut toujours trimer dur pour les vaincre. Leur jeu défensif et leur structure sont également à point.

WP: Le fait que les joueurs n’ont jamais évolué ensemble auparavant complique-t-il la vie de l’entraîneur?

DD: Oui, mais l’idée, c’est de se servir de la connivence qui existe déjà entre certains joueurs qui évoluent pour la même équipe junior ou qui ont déjà joué ensemble. De plus, cette série est un tournoi préparatoire au Mondial junior. C’est pourquoi chaque équipe des trois ligues tente d’adopter le même style de jeu. C’est cette structure que nous avons mise en place au camp d’été d’Équipe Canada. Nous voulons rafraîchir la mémoire de ceux qui ont assisté au camp et aussi l’expliquer aux nouveaux joueurs susceptibles d’être invités au camp de sélection finale. C’est un système simple étant donné les contraintes de temps, mais c’est notre objectif et celui de Hockey Canada.

WP: La Série Canada-Russie CIBC sert à déterminer qui pourrait vous aider au Mondial junior, qui peut le mieux faire face à la pression. Chaque joueur invité n’a que deux matchs pour prouver qu’il peut s’imposer. Comment vous et les membres de votre personnel vous y prenez-vous pour évaluer comment un joueur réagit à la pression, qui sera de toute façon omniprésente au Mondial junior?

DD: Nous les suivons de près toute l’année, mais il est très important de voir comment ils réagissent dans un contexte où ils doivent rapidement s’adapter. De plus, comme le niveau de jeu est supérieur à celui de leur ligue, il est intéressant de voir qui peut dans les circonstances sortir du lot. Il faut voir qui, par exemple, est dominant dans un aspect particulier du jeu ou qui peut s’adapter à un rôle qu’il ne joue pas au sein de son équipe régulière. C’est un outil formidable d’évaluation des joueurs. Il s’agit de déterminer qui peut hausser son jeu au niveau qui sera requis durant la période des Fêtes. C’est une étape cruciale, car il ne faut pas se tromper dans la distribution des rôles. Au Mondial junior, la marge entre la victoire et la défaite est si mince qu’il faut à tout prix prendre les bonnes décisions.

WP: Pouvez-vous nous dire jusqu’à quel point l’entraîneur-chef a son mot à dire dans les décisions concernant la formation finale de l’équipe mondiale junior? Par exemple, son droit de parole est-il égal à celui des recruteurs et des autres membres du personnel, ou a-t-il plus de latitude parce qu’il s’agit de son équipe?

DD: C’est un effort collectif. Ryan Jankowski sillonne le pays et l’Amérique du Nord pour Hockey Canada afin de voir à l’œuvre tous les joueurs, et il en retire des informations précieuses. Quant aux autres, certains verront moins de joueurs en raison de leurs responsabilités d’entraîneur. Dans mon cas, mon équipe fait partie de la LHJMQ, si bien que je vois moins souvent les joueurs des ligues de l’Ouest et de l’Ontario. Même si nous avons la chance de voir tout le monde aux camps de Hockey Canada, il est très important d’observer les joueurs dans les matchs de la série.

WP: Maintenant que votre tour est venu d’être l’entraîneur-chef, êtes-vous impatient d’atteindre la phase où vous sélectionnez une équipe en lui donnant une identité propre?

DD: Sans aucun doute. Voilà où ça devient excitant. Il faut aussi tenir compte des joueurs qui évoluent maintenant dans la LNH et qui ne seront peut-être pas disponibles. C’est pourquoi nous devons voir le plus grand nombre de joueurs possible. Il faut creuser afin de mieux connaître les joueurs. Il faut être prêt à affronter toutes les situations parce qu’il arrive parfois que la donne change au dernier moment. Il est donc essentiel de décortiquer chaque joueur pour évaluer comment il pourrait s’intégrer à l’équipe.

WP: Votre personnel et vous devez déjà avoir identifié des joueurs qui sont des candidats sérieux pour l’équipe mondiale junior, mais jusqu’à quel point  les matchs de la série peuvent-ils modifier la donne?

DD: Ces matchs peuvent ouvrir des portes, mais aussi en fermer. Nous connaissons déjà ces joueurs, mais nous cherchons toujours d’autres façons de les évaluer. Je ne pense pas que l’on puisse se tailler une place en raison de sa seule réputation, mais si on a la chance d’être invité au camp du temps des Fêtes, il est possible alors de faire l’équipe. Nous savons que nous ne pouvons pas baser nos décisions sur deux matchs. Comme le niveau de jeu est beaucoup plus élevé et que le contexte s’apparente à celui du Mondial junior, c’est l’occasion pour un joueur de montrer son tempérament, son talent et sa volonté de réussir, de prouver qu’il peut s’adapter et hausser son jeu. C’est pourquoi il est encore trop tôt pour se prononcer sur tel ou tel joueur même si certains sont dans notre ligne de mire. La situation peut beaucoup évoluer.

WP: Les ligues cherchent toujours des façons de donner une portée aux matchs hors concours, et la Série Canada-Russie CIBC est exemplaire à cet égard. Les joueurs les plus doués de trois ligues se produisent devant la télévision nationale dans des matchs qui pourraient se traduire par une invitation au camp de l’équipe nationale. Comment les joueurs et les entraîneurs vivent-ils cette expérience?

DD: C’est bien sûr un outil pour Hockey Canada, mais c’est aussi l’occasion rêvée pour les trois ligues de mettre en vitrine leurs joueurs les plus talentueux devant un rival comme la Russie. C’est un défi que toutes les personnes impliquées prennent au sérieux et ce sont des matchs excitants pour les fans. C’est une chance qui ne se présente pas tous les jours et c’est le hockey junior en général qui en bénéficie.

Basé à Halifax, Willy Palov couvre la LHJMQ.

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