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L’édito à Mario : Des directeurs généraux déjoués par l’imprévisible

Conscients des cycles de performances au niveau junior majeur, les directeurs généraux des dix-huit équipes du circuit Courteau tentent de prévoir l’avenir à court, moyen et long terme.

Un exercice périlleux, généralement triennal, puisque les planifications les plus efficaces ne sont pas immunisées contre certains facteurs.

Citons entre autres les blessures, les sélections de repêchage qui n’atteignent pas le seuil de développement souhaité ou les promotions hâtives de surdoués par des organisations de la Ligue nationale de hockey.

Maxime Comtois, des Voltigeurs de Drummondville, est le dernier joueur de la LHJMQ en lice promu hâtivement par une organisation de la Ligue nationale de hockey.

À ses premiers coups de patin dans le circuit Bettman, l’attaquant de 19 ans a offert d’excellentes performances sous les couleurs des Ducks d’Anaheim. Lors de ses dix premiers matchs (le 10e s’avérant une étape butoir pour officialiser la première année de son contrat d’entrée), Comtois a marqué deux buts et amassé cinq mentions d’aide.  Son temps de glace a toujours dépassé les dix minutes, un seuil minimal pour assurer le développement d’une jeunesse.

Comtois a toutefois subit une blessure à un genou, mercredi dernier, lors d’un match disputé à Chicago et il n’était pas de la formation des Ducks jeudi à Dallas ni dimanche contre San Jose. Une interrogation qui s’ajoute à d’autres!

Jouera-t-il toute la campagne dans les rangs professionnels? Les services de Comtois seront-ils « prêtés » à l’Équipe nationale junior du Canada en prévision du championnat mondial de hockey junior? Sera-t-il ensuite invité à compléter son stage junior chez les Voltigeurs? Les réponses à ces questions seront connues au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois.

Entretemps, les Voltigeurs, qui ont obtenu les services de Comtois des Tigres de Victoriaville en retour d’un bouquet de choix au repêchage lors des dernières assises de la LHJMQ, devront s’armer de patience.

DES IMPACTS À LONG TERME

À Victoriaville, le directeur général des Tigres Kevin Cloutier s’intéresse évidemment aux performances de Comtois puisqu’il ressent une fierté légitime d’avoir contribué au développement de cet attaquant de puissance qui fut actif chez les Félins pendant trois saisons.

« Je lui souhaite de rester en haut. Ce sera une fierté pour notre organisation », plaide Cloutier.

Dans la boite des témoins, Cloutier est ensuite confronté par l’avocat du diable qui lui rappelle qu’un sapré butin lui glissera entre les doigts si son ancien numéro « 44 » n’enfile pas l’uniforme des Voltigeurs cette saison.

« Comtois doit jouer un seul match pour rendre la transaction officielle », précise-t-il. Sinon, quatre excellents choix de repêchage seront cédés à ses voisins de Drummondville.

Les Tigres rétrocéderont d’abord aux Voltigeurs des sélections de 1re et 2e rondes de 2019. Puisqu’ils ont déjà refilé les choix de 2018 (1re et 2e rondes) reçus pour régler d’autres dettes, les Tigres céderont leurs choix de 2020 (1re et 2e ronde) si Comtois s’incruste officiellement dans son nouveau vestiaire californien.

« N’oublions pas que l’échange de Comtois nous a permis d’obtenir les services de Vitalii Abramov la saison dernière. L’arrivée d’Abramov avait relancé notre saison », émet Cloutier, dont le club a plié les genoux en demi-finale des séries éliminatoires aux mains du Titan d’Acadie-Bathurst, les éventuels champions des coupes du Président et Memorial.

« Quand bien même je tenterais de m’informer [auprès des Ducks] à tous les jours, la situation est hors de notre contrôle. On verra bien », a conclu le résident de L’Ancienne-Lorette.

SCÉNARIO BIEN CONNU

Drummondville et Victoriaville ne sont pas les premières ni les dernières organisations à voir le tapis glacé leur glisser sous les pieds.

Si les promotions d’adolescents sont prévisibles lorsqu’un joueur est réclamé au premier rang de la séance de repêchage de la Ligue nationale de hockey (Vincent Lecavalier de l’Océanic a accédé à la LNH à 18 ans avec le Lightning de Tampa Bay), ou avec un choix de première ronde (Pierre-Marc Bouchard des Saguenéens avec le Wild du Minnesota), l’étonnement est plus grand quand des choix de 2e ronde, tel Comtois ou Samuel Girard (des Cataractes avec les Predators de Nashville) percent un alignement professionnel.

Au cours des dernières saisons, les Cataractes de Shawinigan ont vécu plusieurs de ces surprises automnales. En octobre 2016, Anthony Beauvillier, choix de 1re ronde des Islanders de New York, a été promu dans la LNH à 19 ans.

Girard, une sélection de 2e ronde des Predators, l’a imité en 2017 avec Nashville avant d’être échangé à l’Avalanche du Colorado.

Au cours des deux derniers camps d’entrainement, des candidats aux postes de joueurs de 20 ans, Brandon Gignac et Simon Benoit, n’ont jamais remis les patins au Centre Gervais Auto après avoir fait le saut chez les pros.

Résultat des courses : le directeur général des Cataractes Martin Mondou a vu sa planification triennale prendre le bord et la reconstruction de son équipe allongée à la suite de ces décisions prises en haut.

« Dans le cas de Beauvillier, nous avions perdu notre moteur! », image Mondou, qui dans une vie parallèle opère des concessions automobiles. « Beauvillier était notre meilleur attaquant, l’un des plus dominants de la ligue, notre capitaine et l’un des plus grands leaders de l’organisation. » Cette saison-là (2016-17) s’avérait la plus importante des Cats puisque Beauvillier était âgé de 19 ans.

« Pour combler son absence, entre autres, nous avions dû sacrifier des choix et un défenseur (Nicholas Welsh) pour aller chercher Cameron Askew à Moncton », a rappelé Mondou.

QUATRE VALEURS

En octobre dernier, Girard n’est pas revenu de la capitale de la musique country et Gignac signait un contrat professionnel en plus d’obtenir un poste chez les Devils de Binghamton, club-école des Devils du New Jersey. Deux joueurs identifiés par Mondou comme ses meilleures monnaies d’échange durant la période de transactions des Fêtes. L’objectif visé : garnir la banque de choix de repêchage et de greffer quelques jeunes patineurs d’expérience à l’alignement de ses Cataractes.

« Pour les services de Girard, nous aurions obtenu quatre bonnes valeurs, dont un choix de première ronde. Cette saison, ces joueurs seraient déjà des éléments importants au sein de notre club », dit Mondou. « Mais les équipes avec lesquelles je discutais aux assises exigeaient des garanties et je ne pouvais courir le risque d’offrir en garantie mon choix de 1re ronde (3e rang) de cette année (2018, Mavrick Bourque).

« Enfin, dans les cas de Gignac et Benoit, ils ont connu de très bons camps pros et ils ne sont jamais revenus. Non seulement nous n’avons rien obtenu en retour, mais ces vétérans offraient un très bon encadrement pour nos jeunes! »

Certes bouleversé par ces surprises quasi annuelles, Mondou n’est pas prêt à condamner le système. « C’est un couteau à deux tranchants. Bien sûr, ça fait mal de perdre des joueurs d’impact, mais c’est également une fierté pour notre organisation. Ça démontre que nous pouvons développer adéquatement des joueurs. Ça facilite notre recrutement du côté de l’Europe, par exemple. »

GRINCHER DES DENTS

Fraichement retraité de son poste de directeur de la sécurité des joueurs de la LHJMQ, Raymond Bolduc comprend le désarroi de Martin Mondou.

À l’automne de 1999, Bolduc, autrefois directeur général des Remparts de Québec, avait été déculotté par les Flyers de Philadelphie qui avaient promu l’attaquant de 19 ans Simon Gagné.

« Cette saison-là, nous avions un seul objectif : la Coupe Memorial. Quelques mois plus tôt, nous avions sacrifié quelques espoirs (Antoine Vermette) pour nous vieillir (Patrick Grandmaitre). Mais Simon n’est jamais revenu », se souvient-il. « Imagines-tu l’équipe que nous aurions alignée avec les Simon, Éric (Chouinard) et Mike Ribeiro? Peut-être n’aurions-nous pas été éliminés en demi-finale! », se permet de rêver le sexagénaire.

Bolduc se souvient d’avoir espéré pendant plusieurs semaines le retour de son numéro 12. « Simon avait connu un excellent camp d’entrainement chez les Flyers. On se disait qu’il allait commencer la saison en haut, puis qu’après cinq ou six matchs, les Flyers allaient nous le retourner. Par la suite, tu te dis qu’il jouera neuf matchs. Ensuite, tu frappes le mur! »

« Comme moi dans le temps, les hommes de hockey de la Ligue disent tous « nous sommes contents pour le jeune », mais la vérité, c’est que tu travailles pour une organisation et tu souhaites qu’elle connaisse du succès sur la glace », assure Bolduc. « Ton club a beau recevoir un chèque de l’organisation de la LNH (une compensation pour graduation hâtive), l’argent ne compense pas vraiment la perte de l’un de tes meilleurs joueurs! »

L'Édito à Mario

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