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Le 18 mai 1997, une date mémorable
Gatineau, Olympiques

Par Jean-François Plante – Le Droit 

Il y a déjà 20 ans, le 18 mai 1997, les Olympiques de Gatineau vivaient la journée la plus glorieuse de leur histoire. À l’époque où ils défendaient encore les couleurs de la Ville de Hull, les Olympiques avaient soulevé la coupe Memorial devant plus de 4000 partisans en liesse sur leur propre patinoire du centre Robert-Guertin.

La troupe de Claude Julien venait de défaire les Hurricanes de Lethbridge 5 à 1. Malgré leurs sept bannières de la coupe du Président hissées dans les hauteurs du «Vieux Bob», les Olympiques n’ont jamais pu répéter cet exploit que tentent de réaliser, chaque année, 60 équipes de la Ligue canadienne de hockey (LCH).

Vingt ans plus tard, l’architecte de cette machine de hockey pense encore au propriétaire majoritaire de l’époque lorsqu’il fait le tour de ses souvenirs.

En fin renard, le directeur général Charlie Henry n’avait rien laissé au hasard pendant cette saison mythique. «J’avais promis à Mark Routenberg que nous allions gagner la coupe Memorial un jour. Quand ce jour est venu, j’ai eu le sentiment du devoir accompli», a raconté Henry au Droit mercredi, à la veille du 20e anniversaire de la plus grande conquête de ses Olympiques.

En mettant la main sur le championnat canadien, le club de l’Outaouais venait de laisser un héritage qui allait perdurer. «Ça a ajouté à la crédibilité de l’organisation, mais aussi à notoriété de la LHJMQ. À l’époque, notre ligue ne gagnait pas souvent la coupe Memorial, mais Granby l’avait fait en 1996. Nous pensions avoir une aussi bonne équipe pour gagner à notre tour. Deux championnats en deux ans. Nous étions devenus la ligue la plus hot au pays.»

Pièce par pièce, le «Grand Manitou» avait construit les Olympiques pour être invincible. «Nous avions du talent. Nous avions de la vitesse. Nous avions de la robustesse.»

La rivalité Morrissette

Devant son café mercredi midi, il a pris un malin plaisir à raconter «l’histoire derrière l’histoire» de chacune de ses acquisitions clés. «Quand tu es l’hôte du tournoi de la coupe Memorial, tu dois mettre le paquet pour t’assurer de gagner. C’est ce que nous avions fait. Il fallait travailler fort pour avoir les meilleurs joueurs. À l’époque, il y avait de bons hommes de hockey dans la ligue, mais peu travaillaient aussi fort que nous. Les frères Morrissette travaillaient fort et ils ont gagné, mais pas aussi souvent que nous.»

Reconnu pour recourir à toutes les astuces inimaginables pour attirer les meilleurs joueurs à Hull, Henry s’est notamment rappelé sa découverte de Pavel Rosa, son meilleur compteur de la saison 1996-97 avec 63 buts et 152 points.

«Rosa était dans un tournoi midget à Drummondville avec une équipe tchèque. Il avait été bon là-bas, mais il n’avait pas convaincu personne au début. J’avais donc demandé à mon recruteur Bob Leblanc de rester plus longtemps pour voir Rosa à nouveau.»

Le problème, c’est que le prochain match de Rosa était très tard le samedi. En fait, il avait commencé après minuit. «J’avais supplié Bob de rester. Le match était tellement tard qu’il n’y avait même pas eu de résultat dans le Journal de Montréal du lendemain. C’était une bonne chose parce que nous étions les seuls à avoir vu Rosa compter sept buts ce soir-là ! Nous avions entrepris des démarches pour le mettre sous contrat sur-le-champ.»

Avant-gardiste, Henry sortait des perles de l’Europe chaque année. C’est  justement à cause de lui que la LCH a instauré un repêchage de joueurs européens !

La pièce manquante

Pavel Rosa, Martin Ménard, Jonathan Delisle, Donald MacLean et même le «gros» Peter Worrell avaient marqué des buts à profusion toute l’année, mais à la date limite des transactions, Charlie Henry avait offert de gros dollars aux Faucons de Sherbrooke pour sortir le plus gros poisson de l’étang. Christian Dubé avait commencé la saison avec les Rangers de New York, mais Henry savait qu’il reviendrait dans la LHJMQ après le Championnat mondial junior. Dubé a inscrit 37 points en 19 matches pour finir la saison à Hull, puis il en a ajouté 23 autres en 14 matches des séries avant de démontrer toute sa force de frappe au tournoi de la coupe Memorial où il a dominé tous les marqueurs avec 13 points en seulement quatre matches.

«Dans ce tournoi, il avait démontré qu’il était le meilleur junior au pays», a lancé Henry, également fier d’avoir pensé à inclure les défenseurs Mathieu Descôteaux et Martin Éthier dans son magasinage des Fêtes. «Ils sont venus compléter notre liste d’épicerie. Il ne faut pas sous-estimer l’arrivée d’Éric Naud non plus. C’était un dur de dur. Peter Worrell en avait plein les bras. Il était venu me voir pour me dire qu’à partir de maintenant, plus personne n’allait faire peur à notre équipe.»

Domination totale

Dans les séries qui ont mené à la coupe Memorial, les Olympiques avaient gagné 12 de leurs 14 matches. En moyenne, ils avaient marqué plus de six buts par matches. Ils avaient été impitoyables pour leurs adversaires.

Les Generals d’Oshawa l’avaient appris à leurs dépens dans le match d’ouverture de la coupe Memorial quand les Olympiques les avaient rossés 8-0.

Dans le match suivant, les Hullois menaient déjà 6-1 au début de la troisième période contre Lethbridge quand un excès de confiance leur a joué un vilain tour. Les Hurricanes de Chris Phillips étaient revenus de l’arrière pour gagner 7-6 en prolongation! Les protégés de Claude Julien s’étaient relevés avec un gain de 8-3 contre Chicoutimi avant de savourer leur revanche face à Lethbridge en finale.

«Nous avions ouvert la porte à Lethbridge dans notre premier duel, mais ça allait être difficile de nous battre deux fois de suite.»

Vingt ans plus tard, Charlie Henry est toujours fier de cette coupe Memorial, mais il a aussi d’autres raisons de se réjouir. «Ce qui me rend vraiment fier, c’est de voir ce que les joueurs sont devenus aujourd’hui. Plusieurs ont de belles carrières à l’extérieur du hockey.»

Le 18 mai 1997, les Olympiques, aidés par un gardien sorti de nulle part en Christian Bronsard, ont fait vibrer le centre Guertin comme jamais. Malgré trois autres présences à la coupe Memorial par la suite, il leur a toujours manqué au moins un ingrédient pour recréer la magie de ce jour fatidique.

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