MENU

Le Chef de la Meute

 

Avant de poser ma première question, je fais toujours un petit survol de mes notes. Avec la personne qui se fait interviewer, je confirme des détails sur son passé, sur sa carrière, sur des faits intéressants et finalement, je confirme son âge.

Cette-fois par contre, un petit trouble de communication est survenu.

« 65 !? », s’exclame l’homme à l’autre bout du fil. « Mais voyons, essaies-tu de me faire faire une crise cardiaque !? »

D’abord et avant tout, un peu de clarification. L’entraîneur-chef des Huskies de Rouyn-Noranda, Mario Pouliot, a bien 55 ans, et non 65 (je vous jure que c’est ce que j’avais dans mes notes initiales). Ceci dit, plusieurs vous diront que l’âge n’est qu’un chiffre ou que, dans un autre sens, qu’il représente une ère spécifique, ou même un point dans le temps. À cet effet, l’âge à laquelle se retrouve actuellement Pouliot est aussi dorée que les accents sur le chandail officiel du Titan d’Acadie-Bathurst, équipe qu’il a mené vers une conquête de la Coupe Memorial en mai dernier, à Regina.

Quelques semaines après avoir soulevé le trophée le plus convoité du hockey junior au centre de la glace du Brandt Center, une série d’événements s’est déroulée rapidement. Le tout voyait Pouliot passer d’un extrême de la sphère géographique de la ligue à l’autre.

« Le tout s’est passé très vite, » se rappelle Pouliot. « Après le Repêchage [LHJMQ 2018], j’étais au téléphone avec [le directeur général du Titan] Sylvain [Couturier]. Un autre appel est entré de son côté et il m’a demandé s’il pouvait me rappeler. Cet appel provenait de [l’ancien DG et entraîneur-chef des Huskies,] Gilles Bouchard. Il venait de se faire embaucher dans la Ligue américaine de hockey par [le Crunch de] Syracuse et il demandait la permission à Sylvain pour que l’organisation puisse me parler afin de m’offrir les deux postes chez les Huskies. J’ai parlé à Sylvain et aux propriétaires des Huskies. Deux jours plus tard, j’ai accepté les emplois. »

Au fil des ans, les Huskies de Rouyn-Noranda sont devenus un modèle à suivre en termes de succès et de constance. Il s’agit, après tout, d’une franchise qui n’a embauché que deux entraîneur-chefs au cours des 15 dernières saisons. Tout faire afin de garder cette dynamique en place était primordial. Faire l’embauche d’un candidat qui avait à la fois un pédigré de champion et une bonne connaissance de l’organisation serait l’idéal. Mais, réalistiquement, combien de personnes répondaient à ces critères spécifiques?

La réponse à cette question est : une seule personne. Et il se trouve que c’est cette même personne qui a accepté l’emploi.

22_sept_GAT Pouliot

Il s’agit d’un troisième arrêt derrière le banc des Huskies pour Mario Pouliot. Les deux premiers étaient à titre d’entraîneur adjoint; premièrement à André Tourigny, et ensuite à Bouchard, qui a levé l’ancre tout juste avant la saison. Au milieu de ces trois arrêts à Rouyn-Noranda se retrouvent des séjours comme entraîneur-chef à Baie-Comeau et, bien évidemment, à Acadie-Bathurst.

« Il s’agissait d’une parfaite opportunité, » expliquait Pouliot. « J’ai une très bonne relation avec [le Président des Huskies] Jacques Blais. Je connais leur culture. Je sais ce qu’ils représentent. »

Et ce qu’ils représentent, c’est une franchise qui a terminé avec une fiche supérieure à .500 dans cinq des six dernières saisons. Cela inclus une conquête de la Coupe du Président et une apparition en finale de la Coupe Memorial en 2016. Cette saison, les Huskies sont au tout premier rang du classement général de la LHJMQ, sont présentement classés comme étant la meilleure équipe du pays selon la LCH, sont au sommet de la LHJMQ défensivement et sont au deuxième rang offensivement.

Pour Pouliot, l’histoire de la saison ne portera pas seulement sur ce que son équipe aura accomplie, mais plutôt sur comment elle se sera rendue là.

« J’aime notre profondeur et notre groupe de leaders, » dit Pouliot. « Des gars comme [Rafaël] Harvey-Pinard et [Peter] Abbandonato, pour ne nommer que ceux-là, font un excellent travail en prenant parole dans le vestiaire. La plupart des soirs, la plupart des joueurs de notre alignement ont été repêchés par notre personnel, ce qui est tellement important pour développer la culture de l’équipe. Tout le crédit revient à notre équipe de dépisteurs pour ça. Ils savent sélectionner les bons joueurs. Nos leaders d’aujourd’hui ont appris de gars comme Jérémy et Zachary Lauzon, et Philippe Myers, alors ils savent ce que ça prend pour que notre groupe connaisse du succès. »

Pouliot a aussi utilisé la dernière période de transactions de la LHJMQ pour ajouter des morceaux clés à son solide noyau de joueurs. Ne voulant pas prendre le risque d’affecter la chimie de son équipe, l’entraîneur-chef et DG a pris le soin de sélectionner des joueurs avec une tonne de talent et de leadership. Il a d’abord fait l’acquisition du vétéran des séries éliminatoires de l’Armada, Joël Teasdale, avant de se réunir avec le défenseur Noah Dobson, avec qui il a remporté la Coupe du Président et la Coupe Memorial l’an dernier.

Mais ce n’est pas seulement le développement de l’équipe qu’il dirige actuellement que Pouliot, dont le fils a joué trois saisons au sein de la LHJMQ, considère comme crucial. Son propre développement personnel comme entraîneur est une grande priorité pour lui aussi.

« Je tente de prendre soin des détails et de donner l’exemple, mais je ne suis plus le même genre d’entraîneur que j’étais à Baie-Comeau [de 2011-13], » se rappelle Pouliot. « Je m’y connais davantage dans le processus que nos joueurs vivent, à la fois comme entraîneur et comme parent. Tu as besoin d’être honnête avec eux. Tu as aussi besoin d’apprendre de tes erreurs. Quand on repêche un joueur, c’est ma responsabilité de maximiser son potentiel et de faire mon travail de la bonne façon. »

S’il y a une chose que Mario Pouliot a appris au cours de près de trois décennies dans la LHJMQ en tant que dépisteur, entraîneur, et maintenant directeur général, c’est comment faire son travail de la bonne façon. C’est une science inexacte qui est réellement plus facile à dire qu’à faire. Par contre, il s’agit d’une formule qu’il a développé avec succès, en route vers ses championnats avec le Titan la saison dernière.

C’est une façon de procéder qui pourrait, très possiblement, voir Pouliot mettre la main sur un ou deux trophées argentés encore ce printemps.

plus de nouvelles
2:23
Huntington marque en prolongation! Saguenéens 3 Océanic 4
Il y a 3 heures
1:52
Baie-Comeau remporte le 1er duel ! Wildcats 1 Drakkar 2
Il y a 3 heures
4:22
Poulin est spectaculaire mais ce n'est suffisant! Armada 5 Phœnix 1
Il y a 3 heures
2:54
Bon début pour Rouyn-Noranda ! Cataractes 1 Huskies 4
Il y a 3 heures
3:25
Une première victoire en prolongation ! Screaming Eagles 2 Islanders 3
Il y a 3 heures
1:43
Tour du chapeau pour Veleno ! Olympiques 0 Voltigeurs 4
Il y a 4 heures