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Andre Ouellet

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Andre Ouellet a fait ses débuts en tant qu’analyste de hockey en 2008. Il a ensuite occupé le poste d’analyste lors des matchs des Voltigeurs de Drummondville de 2012 à 2016. Ouellet est actuellement le président et fondateur du site internet AOPROSPECTS.com, un site internet dédié à la fois aux espoirs de la Ligue Nationale de Hockey (LNH) et aussi à ceux de la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ). Il est aussi éditorialiste sportif sur les ondes radio de BLVD 102.1. 

 

 


 

 

 

Alexis Lafrenière : officiellement dans la cour des grands !

par Andre Ouellet – 27 novembre, 2017

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Lors du dernier repêchage de la LHJMQ, il ne faisait aucun doute qu’Alexis Lafrenière allait être le premier de classe. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le nouveau #11 de l’Océanic de Rimouski pourrait vivre un scénario similaire lors du repêchage de la LNH.

Étant considéré comme un « late », Lafrenière devra attendre une saison de plus que les Samuel Poulin, Jakob Pelletier et Xavier Parent avant d’être repêché au niveau de la LNH.  Les trois jeunes patineurs connaissent eux aussi des débuts fracassants dans la LHJMQ après avoir été sélectionnés immédiatement après Lafrenière au dernier repêchage.

C’est donc dire que le spectaculaire attaquant aura la chance de parfaire son développement une saison de plus chez l’Océanic, eux qui sont en terrain connu après avoir développé des joueurs tels Vincent Lecavalier, Brad Richards et Sidney Crosby.

D’ailleurs, j’avais envie de comparer leurs statistiques à celles de Lafrenière, qui connait des débuts étincelants dans la « Q ». En 19 parties jusqu’à présent, le jeune attaquant natif de St-Eustache a récolté 25 points, soit une moyenne de point par match (PPM) de 1,32.

Voici les statistiques des trois autres joueurs étoiles suite à leur toute première saison dans la LHJMQ :

  • Vincent Lecavalier : 64 PJ – 102 PTS – 1,59 PPM
  • Brad Richards : 68 PJ – 115 PTS – 1,69 PPM
  • Sidney Crosby : 59 PJ – 139 PTS – 2,36 PPM

Évidemment, plusieurs facteurs viennent à la défense de Lafrenière au sujet de ces statistiques.

Premièrement, les statistiques de Lafrenière ont été prélevées à la suite de ses 19 premières parties en carrière. Donc, en considérant qu’il deviendra de plus en plus à l’aise sur la patinoire et que son temps de jeu n’ira qu’en augmentant, on pourrait prétendre que sa moyenne sera elle aussi rehaussée d’ici la fin du calendrier régulier.

Deuxièmement, nous serons tous d’accord que le hockey a changé et qu’il se marque beaucoup moins de buts aujourd’hui qu’à l’époque. J’ai d’ailleurs demandé à Kevin Dubé, journaliste sportif au Journal de Québec, ce qu’il pensait de Lafrenière :

« Peu de joueurs ont suscité autant d’engouement qu’Alexis Lafrenière à leur première année dans la LHJMQ, et avec raison », dit-il. « Le jeune attaquant fait déjà partie des meilleurs joueurs du Circuit Courteau. Ses habiletés sur la patinoire sont indéniables, mais il affiche également une maturité hors du commun, autant sur qu’en dehors de la surface glacée. Il aurait toutes les raisons au monde d’avoir la grosse tête, mais il n’en est rien. »

« La LHJMQ est à la recherche depuis plusieurs années d’une vedette locale qui pourra attirer les foules d’un peu partout à travers le circuit, et Lafrenière le fera jusqu’en 2020, soit son année d’admissibilité au repêchage de la LNH », ajoute-t-il.

Parlant de cette cuvée de 2020, il est évidemment très tôt pour avancer une telle chose, mais je me contenterai de mentionner qu’il serait fort possible de voir Alexis Lafrenière être le premier à monter sur le podium. Si je suis capable de vous dire avec confiance que Rasmus Dahlin sera le premier à le faire en 2018, et que Jack Hughes sera le premier de classe en 2019, et bien je suis aussi capable d’imaginer que l’histoire de Lafrenière pourrait bien être écrite avec le même genre de scénario.

Le fait qu’il disputera une saison de plus dans la LCH lui donnera une couverture médiatique extrêmement importante et un bagage supplémentaire. Auston Matthews était dans la même situation que Lafrenière et aurait probablement été sélectionné après Connor McDavid et Jack Eichel lors de l’encan 2015. Mais le scénario a été bénéfique pour le #34 des Maple Leafs, lui qui est rapidement devenu le Roi incontesté de la cuvée de 2016.

Est-ce qu’Alexis Lafrenière aura la chance de vivre une telle histoire ? Contentons-nous actuellement de mentionner que oui, ce serait très possible que l’on puisse voir un Québécois être repêché au tout premier rang et ce, 17 ans après que Marc-André Fleury l’ait fait en 2003.

Une chose est certaine, le spectaculaire numéro 11 de l’Océanic de Rimouski a tout pour réussir. Lafrenière possède un coup de patin extrêmement puissant et très dynamique ; son explosion lui permet de créer énormément de chances de marquer lors d’une rencontre. Sa vision de jeu est déjà au-dessus de la moyenne des joueurs de son âge, et son lancer du poignet sera une arme redoutable dans le futur.  Sa combativité lui permettra de dominer ses adversaires et, ce que j’aime le plus de lui, c’est qu’il semble avoir une tête sur les épaules. Et pour des joueurs d’impact comme lui, il s’agit d’un outil qu’il ne faut pas sous-estimer. Les joueurs comme Matthews, McDavid et Crosby sont des joueurs extrêmement intelligents et c’est cette intelligence qui leur permet de se démarquer dans des moments un peu plus difficiles.

On condamne souvent le hockey québécois de ne pas produire assez de vedettes pour la LNH, mais sachez que si les astres sont bien alignés, il pourrait avoir réussi à produire un joueur exceptionnel qui pourrait un jour connaître beaucoup de succès dans la LNH.

Je le dis avec confiance, Alexis Lafrenière est l’un des meilleurs joueurs de 16 ans que j’ai eu la chance de voir évoluer.



Les Mooseheads, le modèle à suivre dans la LHJMQ ?

par Andre Ouellet – 9 novembre, 2017

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On parle souvent de développement lorsqu’on parle de la Ligue de hockey junior majeur du Québec et avec raison puisque la LHJMQ demeure une ligue axée sur le développement. Qu’on le veuille ou non, le Circuit Courteau a comme mission principale de former ses joueurs dans le but ultime de les voir évoluer dans la Ligue nationale.

À chaque saison, les Mooseheads d’Halifax semblent être sur cette même mission. Cette année n’en fait pas exception. La tradition est à présent bien établie à Halifax et je vous avoue avoir un immense respect pour ce que cette formation a accompli en matière de développement au cours des dernières années.

Les plus négatifs diront que les Mooseheads bénéficient de meilleures ressources que les autres, mais moi, je préfère voir le côté positif de la chose puisque, malgré leurs grandes ressources, ils auraient très bien pu échouer dans leur mission. Mais bien au contraire, ils sont plutôt devenus un exemple pour les autres formations du circuit.

Qu’on pense à Jean-Sébastien Giguère, Pascal Leclaire, Alex Tanguay, ou à Jakub Voracek, ils ont tous marqué le passé des Mooseheads en devenant de fiers représentants de la formation des Maritimes dans la LNH.

Aujourd’hui, on ne peut passer sous silence les Martin Frk, Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin, Zachary Fucale, Nikolaj Ehlers, Timo Meier, MacKenzie Weegar et Nico Hischier qui représentent fièrement cette belle organisation et qui sont devenus les porte-étendards du moment.

Dans cette même lignée, les Mooseheads alignent une formation bien spéciale cette année et comptent dans leurs rangs certains joueurs qui pourraient cogner de façon sérieuse à la porte de la LNH dans un futur rapproché.

Filip Zadina est le cœur et l’âme de cette offensive explosive et avait déjà récolté 29 points en 19 parties au moment d’écrire ces lignes. Zadina pourrait très bien imiter Nico Hischier qui a été le tout premier choix de l’encan 2017 de la LNH. La lutte sera féroce pour Zadina, mais s’il poursuit sur cette lancée, il fera assurément partie des conversations finales en juin prochain.

La formation des Maritimes pourrait même voir trois autres de ses porte-couleurs être sélectionnés en première ronde si les astres sont évidemment bien alignés. Benoit-Olivier Groulx est un attaquant extrêmement habile qui est en voie de devenir un joueur de centre extrêmement complet.

Pour ce qui est du défenseur Jared McIsaac, il possède aussi tous les outils nécessaires pour entendre son nom être prononcé lors de la première ronde. De son côté, l’imposant Alexis Gravel sera assurément parmi les meilleurs gardiens disponibles lors du repêchage de 2018.

À défaut d’avoir été initialement repêché, le capitaine actuel des Mooseheads Maxime Fortier vient de conclure une entente professionnelle avec les Blue Jackets de Columbus le weekend dernier. Extrêmement combattif et très habile en offensive, Fortier me rappelle drôlement Jonathan Marchesseault.

Ce dernier jouait un style de jeu très similaire à celui de Fortier chez les Remparts, un style qui lui a permis de déjouer tous les pronostics puisque Marchesseault fait maintenant partie du noyau des Golden Knights de Vegas après avoir marqué 30 buts la saison dernière. Comme quoi le repêchage n’est pas toujours une science infuse…

Sélectionnés lors de la première ronde du dernier encan de la LHJMQ, Xavier Parent et Justin Barron retiennent déjà l’attention après avoir contribué immédiatement dans les succès de l’équipe. On les amène dans une situation où ils seront immédiatement capables de tirer leur épingle du jeu et ce, sans trop leur mettre de pression.

C’est de cette façon que la tradition est en mesure de se poursuivre pour la formation qui deviendra assurément une puissance dans la LHJMQ très prochainement.

Les Moosheads d’Halifax sont-ils un modèle à suivre pour les autres formations ? Absolument !



L’histoire de Girard servira à en écrire des nouvelles

par Andre Ouellet – 20 octobre, 2017

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Au moment d’écrire ces lignes, Samuel Girard a disputé trois matchs avec les Prédateurs de Nashville et il a déjà récolté trois points.

Le plus impressionnant, c’est qu’il l’a fait avec une confiance déconcertante et a même récolté la première étoile à son deuxième match en carrière dans la LNH.

L’histoire de Sam existe parce qu’il a pris la décision de travailler extrêmement fort pour pouvoir l’écrire. Mais l’histoire de Sam devra servir à en écrire d’autres dans le futur, et son histoire ne doit absolument pas tomber dans l’oubli.

Samuel et moi, on vient de la même place au Lac St-Jean. J’ai toujours su qu’il avait quelque chose de spécial en le voyant évoluer dès l’âge de 10 ans. Il était tellement dominant que c’était totalement impensable de croire qu’il n’allait pas réussir. Il a réussi aujourd’hui et il peut être fier de le crier haut et fort, mais il a dû travailler vraiment, mais vraiment fort pour arriver à le réaliser son rêve.

Voici d’ailleurs ce que le principal intéressé avait à me dire sur le sujet :

« C’est certain que mon histoire pourra aider les jeunes hockeyeurs du Québec. J’ai grandi dans une région située loin des grandes villes et c’est encore plus difficile de percer en étant loin des grands centres. Par la suite, il y avait le fait d’être un petit joueur puisque, comme tu le sais, pour certaines personnes, ça rendait le rêve impossible. Mais en tant qu’athlète, j’y ai toujours cru et les gens qui ne croyaient pas en moi m’ont énormément aidé à le réaliser mon rêve. Jamais au grand jamais durant ma vie je me suis laissé affecter par ce que ces gens-là avaient à dire sur moi. Au contraire, cela m’a toujours servi de motivation. Je voulais leur prouver que c’était possible pour un « p’tit gars du lac » de réaliser son rêve de jouer un jour dans la Ligue Nationale. La chose la plus importante dans tout ça, c’est que malgré les embuches que j’ai eues, j’ai toujours cru en moi. Et même si ce n’est pas facile par moments, lorsque tu es loin de ta famille, loin de tes amis et de tes proches, tout ça en vaut la peine aujourd’hui. Je ne regrette rien. Alors je veux juste dire aux jeunes joueurs de hockey du Québec que rien n’est impossible et que lorsque vous y croyez, de faire de la pensée positive, et de vous visualiser en train de faire ce que vous voulez faire de votre vie. Évidemment, ça ne veut pas dire que ça arrivera, mais n’arrêtez pas d’y croire, de croire en vous. Tout ça vient avec des efforts, du travail et surtout beaucoup de sacrifices de votre part et de la part de votre famille. J’ai réalisé mon rêve parce que j’y ai toujours cru. »

J’ai vu évoluer Samuel à tous les niveaux où il a joué et il a toujours été dans une classe à part. Seule l’histoire nous dira s’il sera dans une classe à part dans la LNH, mais une chose est sûre dans son cas, c’est qu’il n’arrêtera jamais de travailler pour y arriver. J’en ai côtoyé beaucoup de joueurs dans ma vie et s’il y en a un qui m’a toujours semblé être en mission, c’est bien lui. Jamais je n’ai douté de sa motivation et de sa capacité à travailler toujours encore plus fort pour arriver à atteindre la LNH. Chaque fois que je sentais qu’il n’était pas satisfait de son match, il revenait le match suivant avec une performance extraordinaire et je crois que c’est comme ça qu’il a su atteindre son niveau actuel. Il a eu la capacité de n’avoir besoin de personne pour avancer et c’est constamment lui qui s’est imposé ses propres limites.

Samuel et sa famille sont devenus des amis avec les années et lorsque la LHJMQ m’a demandé d’écrire des éditoriaux sur des sujets qui me tenaient à cœur et bien, il n’y avait aucun doute dans mon esprit que ce texte devait être le premier. Non seulement Samuel Girard est un joueur de hockey extraordinaire, il est aussi un être humain extraordinaire. Et croyez-moi, pour réussir dans la vie vous devez avoir du talent, mais vous devez aussi avoir une tête sur les épaules. Dites-vous que ce n’est pas seulement le talent qui vous aidera à réaliser votre rêve puisque ça prend aussi une solide tête pour gérer tout ce qui viendra avec.

Ce que Samuel Girard vient de faire est peut-être un petit pas pour l’homme, mais un bien grand pas pour le hockey québécois.

Sam, tu n’es pas seulement une fierté pour les gens du Saguenay Lac St-Jean, mais bien une fierté pour tous les Québécois. Merci d’être un ambassadeur exemplaire pour le hockey québécois et félicitations pour tout ce que tu as accompli, et pour tout ce que tu accompliras dans le futur.